Arequipa – Nazca.
Lundi 9 mars 2015.
Arequipa – Nazca / 418 km.
Quel bonheur de se lever le matin pour voler alors qu’il fait grand beau. Ca change la vie, ce n’est pas la même chose. C’est la première fois que je vois à quoi ressemblent les environs d’Arequipa. A ce jour lors de mon arrivée de Santa Cruz, le lendemain lors de mon départ pour Cuzco puis à mon retour de Cuzco il a, à chaque fois, fait un temps exécrable, tout couvert et je n’ai rien vu de l’environnement et des alentours de la ville. Là c’est impressionnant comme tout est différent.
C’est étonnant, avec ma seule image GPS comme référence, je n’imaginais pas du tout le relief ainsi lors de ces 3 vols alors que tout était bouché.
J’arrive à 6 h 45 à l’aéroport. Je me rends au bureau des plans de vol où l’on me donne ma facture que je dois aller régler dans un autre service à 200 mètres de là. Je m’y rends pour m’entendre dire que le système est en panne et qu’on ne peut pas encaisser ce que j’ai à payer. Je retourne au bureau des plans de vol et insiste auprès du monsieur de service afin qu’il accepte que je lui verse en mains propres le montant à régler (70 CHF). Il finit par céder à contre coeur et je l’en remercie chaleureusement.
Je me rends à ma machine et appelle la tour qui me dit qu’il n’y aura pas de créneau pour un décollage avant 50 minutes. Je ne comprends pas comment ils fonctionnent car il n’y a qu’un avion qui atterrit ou décolle toutes les 10 minutes. Cela me parait simple de me glisser entre deux d’entre eux puis de quitter rapidement l’axe de piste afin de ne déranger personne. Bref ! Je patiente donc puis décolle en 28 à 9 h 20.
Je pars en diagonale en direction de la Cordillère.
Quel bonheur de découvrir ces montagnes qui m’ont tant stressé.
C’est un autre vol, une autre dimension, c’est que du plaisir alors qu’avant c’était une grande tension et franchement pas de plaisir.
Je devais me rendre à une destination, je m’y rendais parce que j’avais des réservations d’hôtels, de train et d’entrée sur le site du Machu Picchu. Cela a été pénible et stressant. Je me rattrape largement aujourd’hui. C’est extraordinaire de survoler cette chaîne et de pouvoir admirer ces paysages superbes qui varient tellement au niveau des couleurs et des formes.
Je suis à 16’000 pieds (plus de 4850 mètres), il y a de l’herbe et certains sommets sont à peine enneigés.
On a un sentiment d’immensité que l’on ne ressent pas en Europe même lorsqu’on est en Autriche et qu’on longe les Alpes jusqu’à Chamonix via l’Italie. Ici c’est gigantesque et cela se sent en permanence même sans penser au fait que ces montagnes débutent tout près d’Ushuaia et s’étendent jusqu’au nord de la Colombie.
En Europe on traverse les Alpes très rapidement, ici la Cordillère s’étend par endroits en largeur sur plusieurs centaines de kilomètres.
Je me fais un vol de rêve.
Comme c’est très tôt il n’y a aucune turbulence, juste parfois quelques petits nuages.
C’est superbe et je savoure chaque instant.
En plus j’ai perdu tout contact radio 15 minutes après avoir quitté Arequipa.
C’est le silence, comme j’aime. Je suis seul au monde et je ressens une liberté incroyable.
A 50 nautiques j’essaie de joindre Nazca.
Pas de réponse.
Le plateau andin est sans fin.
Je commence ma descente et appelle à plusieurs reprises mais sans succès. Ce n’est qu’à 10 nautiques qu’on finit par me répondre.
La ville est à 1’813 pieds.
Il faut une autorisation spéciale pour survoler les lignes de Nazca. J’en ai adressé une hier à la DGAC mais n’ai pas encore reçu de réponse. Elles ne se voient que du ciel à part 2 figures qui se trouvent près d’un promontoire. Je demande à la tour la possibilité de survol, on me confirme qu’il faut une autorisation. J’arrive en longue finale 25. Il y a une dizaine d’avions parqués dans l’attente de partir faire le circuit des principales figures. Ils tournent sans cesse et peuvent faire chacun jusqu’à 6 rotations par jour selon la saison. C’est une véritable industrie et je comprends mieux dès lors la réponse négative que je trouve en consultant mes mails 5 minutes plus tard. Ils ont un circuit bien précis à respecter et il n’est pas concevable qu’un autre appareil s’intercale au milieu.
Sr. Guilloud
Good morning
The only way to grant an authorization is that the DGAC suspend all over flight operations on Nasca lines to allow you to make that flight. As you understand this is impossible since the operation of the on Nasca lines have a continuous plan of operations that can only be done by certified companies.
Therefore, if your intention is to know the Nasca lines I invite you to hire the authorized service companies. We regret to tell you that your aircraft can not do that over fly.
Atte.
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Eco. Eva Montalvan Zacarías
Autorizaciones Nacionales
‘ 99-88-66-109 /RPM 99-88-66-109
Je demande tout de même au responsable de la DGAC sur place s’il n’est pas possible d’avoir un pilote officiel et reconnu avec moi à bord. Négatif.
Je me renseigne donc pour prendre un vol touristique. Le prix est de 75 CHF pour 30 minutes. Je me retrouve 15 minutes plus tard à bord d’une machine avec 3 japonais qui ne parlent que leur langue. Comment fait-on pour se débrouiller lorsqu’on ne parle pas un mot d’anglais, ni la langue du pays ? Je m’interroge. Chaque avion a un pilote et un co-pilote. Surpris, j’en demande la raison. On me répond qu’il y a eu un problème un jour avec une femme qui soudainement prise de panique a violemment agrippé le pilote qui a failli perdre le contrôle de sa machine et a eu toutes les peines du monde à revenir se poser.
Décollage, nous montons à 3’000 pieds. Nous sommes à un peu plus de 350 mètres au-dessus du relief.
Découverts en 1926, les géoglyphes de Nazca (ou de Nasca) sont de grandes figures qui se trouvent en plein désert, tracées sur le sol, souvent d’animaux stylisés, parfois de simples lignes longues de plusieurs kilomètres.
Ces géoglyphes sont le fait de la civilisation Nazca, une culture pré-incaïque du Sud du Pérou qui se développa entre 300 av. J.-C. et 800 de notre ère.
J’imaginais que ces figures étaient visibles de très loin, qu’elles étaient sur un sol sans trace et qu’il était possible de les distinguer sans aucune difficulté. Grave erreur. Si j’étais parti seul avec ma machine je n’en aurais pas repéré une seule.
La baleine.
Le colibri (50 m de long).
Le singe (93 m de long sur 58 m de large).
L’araignée (47 m de long) (légèrement à gauche et juste en-dessous du milieu).
L’astronaute (au milieu de la photo sur le rocher).
L’arbre et les mains (sur la droite de la route).
Le héron (tout en bas).
Le condor (136 mètres).
D’après certaines études les nazcas connaissaient parfaitement la cartographie de l’eau. Ils savaient l’acheminer grâce à des systèmes de canalisations élaborés.
De retour je vais remplir mon plan de vol vers Lima pour demain mardi. Le responsable m’informe que je dois contacter la DGAC car ils ont omis d’inscrire ce stop sans quoi il ne pourra pas me laisser décoller. Le pilote avec lequel j’ai fait le tour m’amène à mon hôtel. Je rédige immédiatement un mail à Madame Montalván mais je ne reçois pas de réponse. J’en fais un autre à son collègue qui m’informe qu’elle a quitté le bureau et que j’aurai une réponse demain. Je refais un message en précisant que j’ai prévu de partir tôt mardi matin. A suivre.































12 réponses à "Arequipa – Nazca."
Juste superbe! Eclate toi Señor Eric 😉 Bise Didier
Vol magnifique après les difficultés rencontrées par les conditions MTO. Superbe.
J’avoue avoir eu des difficultés pour reconnaître toutes les lignes de Nazca. Have nice flights!!
« Si j’étais parti seul avec ma machine je n’en aurais pas repéré une seule. »
Effectivement, dans un autre avion avec 3 japonais à bord, ça change tout !!! Les dessins sont parfaitement visibles…. 😉
Euh,…, Eric, assieds-toi, tranquille… et dis nous : Est-ce qu’on t’a donné quelque chose à manger, à boire ou à renifler avant de monter dans cet avion ??? Les japonais, hormis la langue, ils te paraissaient normaux ?!!! Essaie de te souvenir…..
Je te dis ça parce que j’ai beau zoomer, dé-zoomer, me coller le nez sur l’écran ou reculer de 3 mètres, je ne vois RIEN !!! (ya m’sieur Gallot qui dit courtoisement qu’il a eu des difficultés, mais moi je te le dis franchement : NADA ou presque !! Juste l’astronaute et « peut-être » le héron)…
Mais si je suis seule dans ce cas, alors je veux bien admettre qu’il me faut d’urgence des lunettes…. o-o
Bon, en tout cas, ça fait plaisir de lire que tu as fortement apprécié ton vol d’hier. Enfin, un vol comme tu les aimes, il était temps.
Besos amigo.
Moi qui croyais avoir trouvé un tapon, mais mon voisin m’a dit » héron petit, pas tapon ». Alors, je n’entrave que pouic ! Ah, si j’avais des actions Afflelou, je verrais clair !
André, c’est magnifique !
Content de te voir de retour avec tes jeux de mots sublimes !
Salut Eric,
Super j’ai tout trouvé le plus dur est la baleine et l’araignée.
Donc j’ai fait une photocopie des Lignes de NAZCA et il est vrais ce n’est pas facile .Je me suis même mis en biais droite ou gauche ça peu aider.
Content que tu reprenne un vrais plaisir de voler .
Merci pour toutes ces beautés.
Amitiés
Patrice
Hello Eric,
Depuis notre brève rencontre à Ushuaia, j’essaie de suivre chacune de tes étapes qui sont un régal pour les yeux. Continue ton périple sans te stresser, et profite sans modération de tous ces paysages majestueux.
Encore bravo pour cette aventure car le voyage est aussi intérieur.
Amitiés
Henri-Philippe
Enfin un vol facile dans un environnement grandiose, ça doit faire du bien ..!
Pour les lignes de Nazca; j’ai eu beau chercher, rien de rien, à part quelques lignes droites,
ça ne vaut pas le coup de payer un vol touristique, toi qui ne vole pas très souvent, qui plus est avec
des bridés qui ne parlent pas un mot courant d’anglais, ni d’Espagnol .
Après l’accident d’hélico en Argentine, avec le sort dramatique de nos sportifs Français, il ne manquait
plus que tu ailles te foutre dans les autres avions de tourisme pour t’en choper un également …
Tu es quand même plus tranquille dans la Cordillère, quand il fait beau, s’entend !
Amitiés/ Alain
Absents les jours derniers pour cause de virée dans le Gers avec mon appareil, j’ai lu avec retard les échanges de Cyrille et de Tyb, dont on connait maintenant le prénom et la signification de ce pseudo , ainsi que vu une partie du (long) documentaire du lien de Cyrille sur la construction des Pyramides ;
certaines choses sont quand même troublantes …
Costauds les gars pour les poses au mm et les alignements parfaitement droits des couloirs !
Eh oui, Alain : mon (plus) gros défaut : bavard comme une pie *. Tu sais tout.
Ou presque, hein, parce que j’en ai encore sous le pied !
Mais je ne parlerai plus qu’en présence de mon avocat (qu’on appelle aussi en argot — coïncidence ? — « bavard »). Ou de mes olives : ça va très bien dans la salade aussi !
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* Quoique, question bavardage, j’en connais une qui…
Hello Éric,
C’est vrai qu’être à l’autre bout du monde pour passer tes vols à être transformé en bonne bouteille d’Orangina dans le brouillard et les nuages, cela ne doit pas être facile tous les jours…
Quelle merveille cette Cordillère ! Incroyable cette immensité ! Je l’aime encore plus qu’avant. Tes photos sont géniales. Merci de ta persévérance à nous concocter ces articles sensibles et nous dévoiler les grandes merveilles de notre petite Terre.
Pour les dessins de Nazca, je me réserve leur découverte pour le we prochain … parce que là rapidement je n’ai rien vu de flagrant !
Fly safe and sunny trip. Enjoy as usual.
Ici le printemps pointe son nez et c’est reparti pour une MTO- ulm-compatible.
Take care. Amitiés. Anne
Ahh merci Anne et Alain, vous me rassurez….! J’attends un peu, alors, pour aller voir un opticien 😉
Bon Eric, te voilà arrivé près de Lima, juste 2 mots : ça craint…!
Tu es grand, mais take care et sois prudent.
Je vois que tu as fait une longue nav côtière aujourd’hui, cool certainement.
Au fait, on n’a plus droit aux points blancs sur le tracking ? Du coup, impossible de voir tes paramètres.. Dommage.
J’en remets une couche : sois vraiment prudent.
Besos.
Bonjour, Éric
Tu vois, les ailes hautes, c’est bien aussi, pour les photos ! 😉
Un instructeur à qui je demandais ce qui était mieux, ailes hautes ou ailes basses, m’a fait cette réponse : « Si tu veux regarder le ciel (le Ciel ?), prends un ailes basses ; si tu veux regarder la Terre, prends un ailes hautes »…
J’avais un ailes hautes et je vais repiquer au truc (« Play it again, Sam »).
Bon, sinon, les dessins. La Baleine ? Pas vue. Pourtant, avec un nom pareil… Le Héron, comme André et Cyrille, pas davantage. En revanche, les lignes, très bien. D’ailleurs, ce ne sont pas les dessins (que je crois probablement l’oeuvre de petits plaisantins, les graffeurs de l’époque), que je trouve mystérieux.
Non, « ce qui m’interpelle, quelque part, au niveau du vécu », ce sont ces lignes gigantesques, si droites, qui n’en finissent plus. Là-dessus, personne ne dit rien ?
Et pour terminer, dois-je encore te dire, pour la millième fois, que tes photos sont toujours aussi superbes, colorées… un régal ? 😀