Cuzco jour 2.
Jeudi 5 mars 2015.
Il pleut ce matin au réveil et le temps devrait être pire demain. Je suis las et fatigué d’avoir trop souvent des vols difficiles à effectuer. Demain vendredi si les conditions sont mauvaises je ne partirai pas pour Arequipa car j’en ai assez de me faire brasser dans tous les sens. En outre ici ça ne rigole pas, les nuages montent tellement haut qu’il ne faut même pas y penser. La météo annonce une très nette amélioration pour samedi.
À quelques minutes du centre-ville, je découvre la magnifique forteresse de Saqsaywaman qui du haut de son promontoire offre une vue superbe sur la plus belle ville du Pérou.
Construite dans le courant du XVe siècle, sous les ordres de Pachacutec, à qui l’on doit l’expansion de l’Empire inca, elle fut ensuite agrandie par ses successeurs. En tout plus de 20’000 hommes y travaillèrent pendant plus de cinquante ans.
Le site s’avère immense.
En arrivant, je reste ébahi face aux trois remparts parallèles de plus de 600 mètres de long aux murs cyclopéens dessinant un impressionnant zigzag.
Les blocs de pierre qui les composent atteignent parfois des tailles gigantesques (le plus gros pèse 360 tonnes) et sont assemblés entre eux avec une précision ahurissante, s’encastrant à la perfection dans un enchevêtrement d’angles que je ne me lasse pas d’admirer.
Ils proviendraient d’une carrière située de l’autre côté de la colline, impossible de savoir par quel miracle une civilisation qui ne connaissait pas la roue a réussi à les acheminer jusqu’ici.
Juste à côté la statue du Cristo Blanco domine la ville.
Des paysans mécontents de l’absence de soutien du gouvernement suite à la perte de leur récolte pour cause de mauvaises conditions météo ont scié un arbre à la tronçonneuse et l’ont fait basculer sur la route puis ont déversé une multitude de cailloux sur la chaussée pour le plus grand bonheur des policiers.
Le Puca Pucará est un site archéologique situé à quelques kilomètres. Il s’agit des ruines d’une construction militaire ayant fait partie du système de défense de Cuzco sous l’empire inca. Cette forteresse se composait de grands murs, de terrasses, d’escaliers et de rues bordées de trottoirs.
Partout sur ces différents sites des artistes monnaient leurs talents.
Je rejoins ensuite à pied, par d’étroites ruelles, le quartier de San Blas, « Saint Blaise ».
Comme de nombreux autres anciens quartiers du centre historique, il a été transformé en anciennes Doctrines d’Indiens par les Espagnols.
Il s’agissait de lieux où l’on rassemblait les indigènes pour mieux pouvoir les évangéliser et c’est pour cela que l’on se retrouve avec autant d’églises coloniales à Cuzco… près d’une trentaine.
Il était donc logique que San Blas ait la sienne.
Elle est unique et célèbre pour sa chaire, taillée dans une seule pièce, d’une facture exceptionnelle.
Dressé au centre de la capitale de l’empire inca, le Temple du Soleil ou Qoricancha était le temple le plus sacrée des incas. Il était le théâtre de cérémonies importantes des souverains incas : mariages, sacres, funérailles. C’est là que leurs momies étaient conservées, assises sur des trônes en or. Ce temple était orné de pierres précieuses, de tonnes d’or, de plaques d’argent. Une quantité impressionnante de richesses qui attira les convoitises des espagnols et qui précipita l’empire inca vers sa chute, suite aux pillages et aux massacres de personnalités pour qu’elles révèlent d’autres temples, villes et cachettes d’or.
La porte principale, ornée de motifs d’or et d’argent, s’ouvrait sur un grand sanctuaire. Au-dessus de l’autel, étincelait un grand disque d’or, censé représenter le Soleil. Il était placé de telle manière que les rayons du soleil levant le frappaient et le faisaient resplendir.
À l’arrivée des espagnols, il fut rasé et pillé de fond en comble. Les plaques d’or couvrant les murs furent arrachées et les momies des anciens incas profanées. Il ne resta debout que les fondations qui, peu après, servirent d’assise à la construction de l’église et du couvent Santo Domingo.
Les restes du Temple du Soleil reconstruits à l’intérieur de l’église.


















8 réponses à "Cuzco jour 2."
D’autant que tu as évité le passage au dessus d’un volcan en éruption… ces belle photos de cratère avec une vidéo très très près du bon dieu, ne serais plus possible aujourd’hui, je crois bien que ce volcan s’est réveillé la nuit dernière et donne une splendide et spectaculaire éruption.
mais en air ca doit secouer encore plus fort…
bien a toi Lucifranck
bonjour, de belles photos accompagnées de l’histoire du pays, merci pour ce travail. Je pensai les alpes difficiles mais la cordillère de l’Amérique du sud c’est l’horreur à traverser, je pense que ce sera de même aux US avec les Rocheuses.
Tu deviens prudent c’est parfait. amitiés jc
Cher Eric,
Suis très contente de voir que tu es allé à Saqsai truc.., me souviens jamais de l’orthographe !
Tu parles de miracle concernant sa construction… Je te fais suivre un lien très intéressant. Si la MTO de demain (d’aujourd’hui en fait) te cloue devant ton PC, alors tu peux visionner ce documentaire éclairant, stupéfiant, fascinant, au choix. J’avoue que je l’ai regardé avec « un sentiment étrange », difficile à exprimer (je fais comme toi pour le Machu Picchu !)
Info ou Intox, à chacun de se faire son opinion, ça a le mérite de susciter la réflexion.
Depuis le temps que je le dis qu’on nous ment…. !
https://www.youtube.com/watch?v=FwLuDN_rtg4
Quant au lien passé hier par Monsieur Tyb, je peux dire que j’en ai pleuré … de rire !!
Même si je ne suis pas franchement concernéE, j’ai beaucoup apprécié 😉
C’est raffiné, bien trouvé, bref, un excellent instant ! Merci Monsieur Philippe (1) !
Faut dire que je t’avais tendu la perche en évoquant le plat de « cuyi ».
Vérif faite, on écrit un « cuy » et 2 « cuyes ». Les spécialistes s’accordent à dire qu’en manger souvent est très bon pour la santé, et tentent de convaincre les populations de ne pas servir les « cuyes » pour les grandes occasions seulement, mais d’en manger au contraire régulièrement.
besos !
———————–
(1) Ahhh, au fait…c’est juste mon intuition, mes facultés extra-sensorielles, médiumniques et télépathiques qui me font penser que derrière Tyb se cache un Phi… (Philéas ? Philibert ? euh…Philippe plus probable..). Bon, je me goure peut-être complètement et tu t’appelles Raymond ou Maurice, mais je tenais à livrer mon ressenti sur ce minuscule détail.
Content de t’avoir donné l’occasion de rire !
Philéas, j’aurais bien aimé. Philibert, moins. Mais ce n’est que Philippe. Et ton intuition confine à la sorcellerie. Ou alors, quelqu’un a carrément cafté !..
Tiens, puisque qu’on traite d’anthroponymie, je dois avouer que mon nom de plume, « Tyb » (« The Yellow Baron », nom de mon coucou), est en vérité usurpé depuis trois jours. Car c’est avec un nouveau commandant de bord que le Baron Jaune va poursuivre ses belles aventures. Mais une chose est sûre, je ne resterai pas longtemps aptère !
Tyb
Ah voilà….! Une sorcière ou un délateur ??
Preuve en est que lorsqu’on ne comprend pas les choses, on s’égare vite dans des hypothèses fumeuses et erronées.
Constat valable, à mon avis, pour des plus grandes choses bâties, telles que Machu Picchu, Cuzco, Saqsayhuamann, Pyramides, Cathédrale, Pétra et j’en passe….
Personne n’a cafté, non, ça c’est sûr.
Par contre pour la sorcellerie, comme c’est loin d’être la première fois qu’on me qualifie de la sorte à l’occasion de certaines expériences, je vais de ce pas aller m’assoir sur un balai, des fois que……
Un jour tu sauras la vérité !
Can’t wait!

You must wait !
C’est moi qui décide !! 😉
le retable de l’église consacrée à San Blas, semble spectaculaire et d’une grande beauté; ce n’est pas pour m’étonner 😉