Sucre – Uyuni – Sucre.
Samedi 7 février 2015.
Sucre – Uyuni – Sucre / 228 km et retour.
Je pars pour l’aérodrome à 7 heures. J’ai rendez-vous à Uyuni à 9 heures avec Javier, un pilote rencontré mercredi soir. Il amène des clients de Santa Cruz qui souhaitent visiter le Salar. Dépôt de plan de vol. Je n’en reviens pas de pouvoir ainsi me balader après les problèmes rencontrés au début alors que je n’ai toujours pas reçu de nouvelle autorisation.
Je prépare ma machine, rajoute 150 ml d’huile puis m’aligne en 05. Je mets les gaz, roule sur au moins 300 mètres alors qu’habituellement c’est 200 et arrache péniblement ma machine du sol. Elle monte très doucement. Je sens vraiment l’altitude. Je survole la ville puis prends mon cap. Le paysage est superbe avec des formes et des couleurs encore différentes.
C’est un immense bonheur d’être là et de survoler cette cordillère si gigantesque et variée d’un endroit à l’autre.
Je rejoins le Salar d’Uyuni.
Située à 3’658 mètres d’altitude (12’000 ft) cette étendue de sel a une superficie de 10’582 km2.
Elle constitue le plus vaste désert de sel au monde et représente un tiers des réserves de lithium exploitables de la planète.
Ses dimensions sont de 150 kilomètres sur 100.
Le sel est exploité, mais la production annuelle d’environ 25’000 tonnes ne risque pas d’épuiser les 64 milliards de tonnes estimées du gisement. En effet, l’épaisseur du sel varie de 2 à 120 mètres, selon les endroits.
Ma GoPro fait soudain un caprice. Impossible de la reconnecter. Je joins malgré tout le petit film que j’ai réalisé. Désolé, cela aurait dû être beaucoup plus long ! Je survole cette étendue immense puis rejoint l’aérodrome. Javier se pose 3 minutes plus tard. Il me présente ses passagers qui me proposent de me joindre à eux pour la promenade. J’accepte avec plaisir. En chemin nous croisons un lama et son petit
ainsi que des vigognes.
Nous visitons le premier hôtel entièrement construit en sel sur le Salar.
Le Dakar l’a traversé il y a très peu de temps.
C’est magnifique de se balader sur ces immenses étendues presque vierges.
Le chauffeur nous explique que les voitures durent au grand maximum 4 ans.
Nous rejoignons l’aéroport, plan de vol puis décollage. Je monte au niveau 160 tout en admirant encore les beautés de la nature.
Soudain une lumière rouge s’allume. C’est la charge. Alors qu’elle est habituellement à plus de 15, elle chute à la limite de la zone rouge à 11,6. Mes notions de mécanique étant plus que rudimentaires, je n’ai aucune idée de ce que cela peut engendrer. Je sors le petit registre de pannes préparé par mon ami Pierre Laulhere, le feuillette mais ne trouve rien. J’appelle Javier qui me dit de couper tout ce qui n’est pas indispensable. J’éteins le transpondeur, les feux de navigation extérieurs, la radio et même le traking. Je reste à 11,6 et prie pour que cela ne baisse pas davantage. Je regarde sans cesse en dessous afin de voir s’il y a des terrains éventuels pour me poser en cas de panne. Il n’y a pas grand chose. Je me rapproche de Potosi et hésite à aller m’y poser. J’ai du vent de face à 35 km/h. Je continue en me disant qu’au pire je me mettrai vent arrière et le rejoindrai rapidement. J’allume ma radio à 10 nautiques et m’annonce auprès de la tour. C’est la 05 qui est en service. Je suis toujours à 16’000 pieds, j’ai volontairement gardé toute ma hauteur au cas où. Je fais mon approche en faisant de larges S. Je me pose très soulagé.
Juste à côté de l’endroit où je stationne 2 hommes bricolent un avion sous une bâche (un américain et un bolivien). Ils me rejoignent, nous discutons 5 minutes, je leur raconte et ils me disent que ce doit être l’alternateur qui ne charge plus suffisamment. Ils ont le matériel nécessaire afin de vérifier ça et me fixent rendez-vous pour le lendemain à 9 heures. Je les remercie chaleureusement.
Je rejoins mon hôtel alors que le ciel devient très noir. 5 minutes plus tard, un gigantesque orage éclate.
























13 réponses à "Sucre – Uyuni – Sucre."
Nous sommes gâtés en photos aujourd’hui. Toujours aussi belles. La vidéo est aussi remarquable et je regrette qu’elle soit courte à cause du malaise du à l’altitude de la GoPro.
J’espère que l’alternateur sera facilement réparable. Pensez aussi à contrôler le régulateur.
A demain.
JL
Bonjour, Éric,
Il fallait quand même le faire : t’envoler de Sucre pour aller te promener sur un lac salé… Un salé-Sucré, sacrée recette, unique au Monde ! Même si elle n’a pas su créer, ça l’est vrai, l’intérêt de ton alternateur…
Je te souhaite que la facture soit plus Sucrée que salée !
Tyb
Bonjour.
Peut être le régulateur , pièce notoirement sujette à panne.
Cette pièce a été emplacée 2 fois en 1500h sur mon mcr4
C’est sûr que les champs de secours ne sont pas légion, d’après les magnifiques photos. Panne électrique = moteur ok mais plus d’instruments. Heureusement, les témoins préviennent. Vivement le diagnostique. Bon vol.
Hello Eric,
Merci encore pour tous ces récits et images grandioses. T’as de la chance de toujours tomber sur THE personne qui peut te dépanner/aider etc. Pas cool ce problème de charge. J’espère qu’ils arriveront à trouver.
Take care et bises,
Sophie
je ne sais pas trop si un Rotax a besoin d’électricité pour fonctionner. Ca serait mieux que comme dans un avion normal tu n’en ai pas besoin…
En principe sur tes 2 écrans dînons tu as une batterie de secours qui tiens au moins une heure.
le photos sont vraiment exceptionnelles comme tous les jours. C’est quand même une experience visuelle exceptionnelle que tu as la chance de vivre.
Eric, I had the alternator stop charging on a flight in New Zealand in my Dynamic, also in the mountains. The alternator was fine but the large multipin plug on the firewall which plugs into the regulator was the problem. Some pins in the plug had melted and lost contact. Disconnect the plug which can be quite difficult to move and inspect it carefully. It is an easy repair. Sometimes just a clean and replace. Best regards, Graeme.
Que des photos extraordinaires !
On se croirait sur la lune par moment , cette chaine de montagne qu’est la Cordillère est incroyable .
Et que dire de ce désert de sel aux quantités phénoménales !
Pour le Rotax, équipé de deux pompes électriques, la panne d’alternateur est très ennuyeuse ,
une certitude, dés que la batterie sera nase, le moteur s’arrêtera, gênant quand même , surtout sur la Cordillère..
Bon réflexe de couper tout ce qui n’est pas vital pour le vol .
Reste le parachute , véritable joker en cas de panne dans un environnement hostile .
Comme le dit Graeme, c’est peut être tout simplement une panne de connexion ou le régulateur comme le suggèrent JL et MCR 4 ; une vérification minutieuse s’impose en tout cas .
Prend soin du bébé, la route est encore longue ..
Amitiés
Alain
Bonsoir Éric,
un bon pilote est un pilote qui a aussi de la chance de tomber sur des bons mécanos.
J’espère que ton pb d’alternateur n’est pas trop grave.
Je sais qu ‘ un Rotax à injection ne fonctionne pas sans électricité .
Mais à la question de Laude sur ton Rotax carbu, je ne sais pas ?
Merci pour tes photos superbes. Biz. Paul
Ta bonne étoile est toujours présente Éric : les 2 mécanos de fortune vont s’occuper au mieux de l’alimentation électrique de ton bébé, afin que tu puisses poursuivre en toute sécurité ton extraordinaire Odyssée.
Merci pour les superbes photos et film du jour. Quel régale !
Bonnes réparations et bons vols à suivre, je l’espère sans problème.
Patrick
Salut Éric
Curieux, je viens d’avoir la même panne avec ma voiture aujourd’hui, voyant batterie rouge allumé et l’alternateur était très très chaud, probablement le redresseur sur l’alternateur en court-circuit.
Tu es au sol et en sécurité c’est l’essentiel. Tu as trés bien réagi en arrêtant toutes les consommations inutiles. Alternateur ou régulateur à déterminer demain. J’espère que tu vas pouvoir trouver rapidement la pièce de rechange. Tu pourrais peut-être faire faire l’échange standard de ton moteur sur place. Ainsi alternateur et régulateur seraient remplacés, cela peut t’économiser cette réparation. Lorsqu’il y a une fuite d’huile dans un moteur on en trouve souvent partout avec le souffle d’hélice et cela peut générer une panne de contact électrique.
Bon courage Eric , la sécurité avant tout dans cet environnement aussi hostile et heureusement que cela n’est pas arrivé pendant la grande traversée.
Et encore merci pour ces superbes photos. C’est étonnant de trouver tout ce sel à cette altitude.
Amitiés
Pour ma part, batterie morte hier et changement immédiat avant d’aller me promener en baie de Somme.
Bien pâle à côtés des images que tu nous proposes. Splendides!
Petit décollage à contre QFU on dirait.
@+ ma poule.
Good luck for the electric problem!!