Ushuaïa – El Calafate.
Mardi 30 décembre 2014.
Ushuaïa – El Calafate / 568 km.
Première remarque : il y a eu un problème avec le tracking. Je me suis aperçu que la balise s’était éteinte alors que j’avais déjà fait plus de 40 minutes de vol. Du coup la trace ne correspond pas pour le début du trajet et il n’y a aucune donnée. Désolé !
Le temps est comme annoncé : pourri. Plafond bas, pluie, visibilité très limitée. J’arrive à l’aéroclub à 8 heures. Je paie 42 CHF pour la place dans le hangar durant 3 jours, les atterrissages sont gratuits. Je sors ma machine, remercie chaleureusement tout le monde pour l’accueil ainsi que pour leur gentillesse. Ils ont tous été adorables. Je rejoins l’aéroport international en 3 minutes et 23 secondes. Une certitude : je ne parviendrai pas à passer les montagnes qui entourent la ville au nord. Tout est bouché. Je suis stationné presque à la même place que hier et je m’amuse à prendre en photo un avion d’Aerolíneas Argentinas.
J’envisage de longer à 1000 pieds le Canal de Beagle plein est jusqu’à la pointe puis de remonter nord en suivant la côte jusqu’à ce que le temps s’améliore. Je dépose un plan de vol en ce sens, fais les formalités de police et de douane puis repasse en voulant rejoindre mon avion devant le bureau où le responsable m’annonce que la tour ne donne pas le feu vert car il n’y a pas les minima. 30 minutes plus tard, je demande à parler au responsable de la météo qui m’annonce que le temps restera ainsi toute la journée. J’appelle la tour de contrôle et tente de charmer Ornella afin qu’elle me laisse décoller pour aller voir. Je lui explique que je resterai sur la mer, sous la couche et que si je vois que ça ne passe pas, je ferai demi-tour. Elle finit par accepter mais me précise que ce sera sous mon entière responsabilité. Vendu !
Je me prépare puis 3 minutes plus tard le responsable des plans de vol me rejoint pour m’annoncer que le directeur de l’aéroport n’est pas d’accord de me laisser partir. Je dois aller le voir. Très gentiment il m’explique que c’est sa responsabilité s’il y a un problème alors que les minima ne sont pas garantis et qu’il ne peut pas accéder à ma demande. Il est 11h20, de nouvelles prévisions sortent à 11h30. Il me dit qu’on refait le point à ce moment là. Les minima sont tous acquis sauf le plafond qui est de 500 pieds alors qu’il en faudrait 1500. Le responsable des plans de vol et la responsable de la tour sont d’accord pour me laisser partir. Le directeur demande la bénédiction de l’administrateur de l’aéroport : refusé. Ils ne veulent prendre aucun risque. Il est midi. J’attends en commençant la rédaction de mon article. A 12h30 un nouveau bulletin de prévisions tombe. Il est semblable au précédent. J’essaie à tout hasard auprès du directeur, vu qu’il n’y a que le plafond ici à Ushuaïa qui n’est pas dans les normes. Sur ma route la situation est acceptable. A ma grande surprise il me souhaite un bon vol ainsi qu’une bonne année 2015. Magnifique. Je cours à ma machine, appelle la tour qui me demande d’attendre car elle doit encore tout coordonner. 30 longues minutes passent. Je suis tendu, j’ai trop peur qu’ils se rétractent. Il est 13h20 lorsqu’enfin je peux mettre en route. Décollage en 07 dix minutes plus tard.

Je longe le canal de Beagle à 1000 puis à moins de 500 pieds tant le plafond est bas.
A mi-chemin entre Ushuaïa et la partie est de la Péninsule de Mitre le ciel s’éclaircit et le plafond s’élève.
J’en profite pour chercher un trou afin de couper et passer de l’autre côté du bras de terre. Je prends de l’altitude et je m’aperçois qu’il y a 2 couches et que je peux parfaitement y faire momentanément mon chemin.
Je m’arrête à 8’000 pieds. Le vent vient de travers arrière, j’ai une vitesse de plus de 280 km/h. Un peu plus tard il vient de face. Cela a changé ainsi plusieurs fois, je n’avais jamais rencontré un tel phénomène. Malheureusement les couches ne sont pas toutes à la même altitude. Un peu plus loin les nuages sont plus hauts et je dois passer en-dessous.
Les conditions sont très difficiles, peu de visibilité, changements d’altitude fréquents pour tenter d’éviter les couches nuageuses ce qui n’est pas toujours possible.

La température extérieure est de 3°, je surveille très régulièrement mes bords d’attaque afin de vérifier qu’il n’y ait aucun givrage. C’est étrangement turbulent sur la fin du vol et je dois m’accrocher pour parvenir à prendre quelques photos. Le paysage est désertique, on se croirait sur une autre planète.

J’arrive en base main gauche pour la 25.
Un avion est au point d’arrêt prêt à s’aligner. Je sors le train en début de finale puis remets un peu de gaz et vole à 170 km/h pour ne pas le faire attendre trop longtemps inutilement. Je remarque que la sortie est tout en bout de piste. J’arrive en début très haut à plus de 300 pieds (100 mètres). Je continue ma descente rapide et me pose 200 mètres avant la fin de la piste pour une sortie immédiate. A peine je passe devant lui, la tour l’autorise à s’aligner puis à décoller. Il quitte le sol derrière moi aussitôt la bretelle franchie.
On me fait prendre la sortie C vers le hangar de l’aéroclub. Il est fermé et il n’y a personne. Je sors mes affaires, bâche ma machine puis rejoint l’aérogare distante de 800 mètres. Formalités de police, le responsable des plans de vol m’accueille et me réclame, comme dans chaque aéroport, tous mes papiers. Je lui dis que je les lui enverrai par email. C’est un peu l’effervescence, il y a des hommes armés partout. J’en demande la raison. Il m’annonce que la Présidente Cristina Kirchner va arriver dans 3 minutes. Un énorme bi-réacteur pour 250 personnes se pose. Elle vient passer le réveillon à Calafate ou elle a une maison. Après être sortie de l’avion et avoir pris un ascenseur elle resort de l’immeuble à 3 mètres d’où je me trouve et s’engouffre dans une voiture qui démarre aussitôt suivie de 4 autres véhicules bourrés de gardes armés. A chaque fois que je demande l’avis d’une personne sur la Présidente, les critiques abondent. On m’explique que malheureusement aucun candidat indépendant ne parvient à s’imposer et que par conséquent on leur impose une personne qu’ils ne choisissent pas.
Je demande le numéro de téléphone du responsable de l’aéroclub afin de me présenter et de savoir s’il n’y a pas de problème pour laisser mon avion sur sa plateforme. On l’appelle et me le passe. Super sympa il me dit qu’il arrive dans 20 minutes. La ville est à 18 km. Nous nous présentons. Un homme mûr qui a beaucoup volé mais a arrêté il y a 2 ans à cause de problèmes de santé. Il n’a pas beaucoup de temps mais va m’amener à mon hôtel. Quelle gentillesse partout !
En ce grand jour, je tiens à vous adresser du fond du coeur une méga, une super, une grandiose, une fantastique, une exceptionnelle année 2015. Surtout une bonne santé mais également du bonheur, de l’amour, du succès, des moments inoubliables en l’air comme sur terre, la paix, la tranquillité, la sérénité, la sécurité, l’assurance, le bien-être, l’entente et la détente.
Je vous embrasse tous.







24 réponses à "Ushuaïa – El Calafate."
A toi aussi mon cher Eric, je te souhaite une excellente année 2015. Continue, comme tu le fais si bien, de nous faire rêver et de nous enchanter avec tes exploits quotidiens.
Joyeuse année 2015 à Tous, pilotes et non pilotes!
Bonjour mon Eric,
Un grand merci pour tes vœux. Pour ma part en tout cas, je sens qu’il serait un peu prétentieux d’y croire, tellement tu as placé la barre très haut. Mais enfin, c’est tout de même plus agréable de penser que quelqu’un te souhaite du bien plutôt que du mal !
Sans transition, je constate que du viens de faire un beau vol avec de la patience, de l’adrénaline et surtout un final toujours heureux. Que cela perdure en 2015, c’est tout ce que je te souhaite du fond du cœur.
Amitiés
Merci Eric pour tes reportages toujours aussi passionnants sur tes incroyables aventures australes !
A mon tour de te souhaiter le meilleur pour cette nouvelle année qui s’annonce pas moins vibrante que la précédente.
Que ta bonne étoile continue à t’accompagner dans tes vols à venir, pour ton plus grand bonheur … et le notre !
En toute Amitié.
Patrick
Bonne année !
A l’occasion, quel matériel photo utilisé (boîtier, objectifs)
et quel traitement photo avant la mise en ligne ?
Bons vols
Que de bons vœux Eric !
Je ne peux que te souhaiter pour 2015 les même choses en implorant ta bonne étoile pour qu’elle veille toujours sur toi comme elle l’a fait jusqu’à maintenant.
Soit heureux et profite de tout ce que tu vis actuellement. C’est exceptionnel.
Nous te souhaitons une bonne et fabuleuse année 2015 !
Que la remontée Sud/Nord de l Amérique soit l Aventure que tu attends.
Amitiés
Susana et Jorge.
Comment te souhaiter la bonne année? En anglais en espagnol, en francaiś? Allez, soyons raisonnable en créole:
kè kontan ane nouvo
Je sais qu’elle sera longue et dure mais vive 2015 mon You.
La bise
Salut Éric,
Continue tes beaux récits et tes belles rencontres en 2015 que je te souhaite heureuse, aventureuse et sous la protection des dieux. Je serai parmi les premiers à attaquer la nouvelle année , à moins de 4 heures maintenant du gong, à Lombok…
Tout de bon, à la mode helvète!
Hello Eric, encore une situation ubuesque au départ qui s’est bien terminée. Heureusement que les jours sont longs dans l’hémisphère sud et d’avoir pu décoller tardivement. Vol pas facile en effet quand on voit tes clichés…
Merci de tes bons vœux ! A toi aussi Eric, tout de bon, bonne santé, plein de bonheur, de joie, plein d’énergie, pleins de rencontres enrichissantes, comme encore celle que tu viens de faire à ton arrivée.
Merci de nous faire partager tes grands moments inoubliables d’aéronautismes internationaux. Bons vols dans la sérénité des grands espaces… en attendant 2015, termines bien celle-ci !
Bien à toi en amitiés !
Après ce vol technique et difficile, une fois de plus, tu as rejoint le point souhaité . Avec le bébé qui est en parfaite santé.
Merci pour tes vœux, et reçois en retour les miens les plus sincères de réussite dans ton beau projet, que nous avons la chance de vivre en direct . Sois prudent.
Amitiés
Alain
Ces vols entre deux couches de nuages, qui s’entrouvrent et peuvent se refermer à tout instant (avec ces vents variables) sont un veritable stress, car ils impliquent plusieurs fois par vol un engagement vital de ta part.
Bonne année Eric
A bientôt
Olivier
Tous mes voeux mon cher Eric, ma fée Clochette ne t’a pa permis de survoler le Horn… snif! Il ne te restera plus qu’a envisager le passage en bateau
Très bonne année, de bons vols, et de fantastiques souvenirs pour toi et ton super bébé
Bises Didier
Bonne année à toi.
De nombreux vols en toute sérénité.
Cher Eric a toi aussi une année 2015 tres agréable. Encore merci pour tous ces articles. Bisous
Salut Éric
A mon tour de te souhaiter the Best for 2015.
Merci pour avoir partagé tes aventures avec nous .
Si les gens étaient comme toi la vie serais en (rose)
Je vois que tu es suivi par beaucoup de personnes sympa .
et une Bonne Année à tous ceux qui te suive et leurs proches.
Amitiés
Patrice
Pour faire simple Eric, je te souhaite bonne année, bonne santé, bons vols et tout ce que tu désires en cette nouvelle année 2015.
Quel stress de prendre connaissance de cette dernière aventure. Nous étions sûres que tu allais survoler le Cap Horn malgré la météo défavorable et les interdictions… bon tu es resté raisonnable. Ouf !
Nous t’adressons nos meilleurs voeux pour 2015. M.-France et Daniel
Salut grand voyou, tous mes voeux de santé, joie et bonheur. De beaux vol surtout « en sécurité « . Je t’embrasse, heureux mais pas gay. Amities jc
Tous mes vœux de réussite pour les vols prévus en 2015 .
Je te souhaite une année pleine d’heureuses rencontres, de cieux tous bleus , de paysages magnifiques ….
Un grand merci pour la dose quotidienne de rêves et de merveilleux que tu nous apportes .
Alain … « Petit » pilote franc-comtois
Eric
Bonne Année, bon vols, hope the weather God will follow you so we can enjoy your adventure with less stress for you.
Happy new year to all from Down Under
Yves
Bonne année Eric ! Merci encore de nous faire profiter de cette aventure exceptionnelle.
Yves M. (33)
Merci Éric pour tes bons voeux, un grand MERCI également de prendre sur ton temps de repos pour nous faire partager tes aventures. Chaque jour je réalise la chance que j’ai de te connaître.
Je te souhaite le meilleur en cette nouvelle année, surtout pleine santé afin qu’elle te permette de poursuivre ton rêve aux commandes de ton superbe bébé.
Avec toute mon amitié.
Bonne année, bons vols et merci pour nous faire faire partager tes aventures
amitiés France Alexandre
Bonne et heureuse Année 2015 Éric.
Continue à nous faire rêver avec tes belles images.
Amitiés.