Montevideo – Punta del Este.
Vendredi 12 décembre 2014.
Montevideo – Punta del Este /107 km.
Angel S. Adami International est l’aéroport d’affaires de Montevideo. 45 CHF de taxes d’atterrissage et de parking. Je demande l’autorisation de longer la côte. Accordé. Décollage en 01, virage à 180° à droite, je pars plein sud.
J’ai le privilège de contourner Montevideo.
Je passe à 1000 pieds à moins de 3 km du grand aéroport de la ville sous le nez des avions qui atterrissent en 01 mais ce n’est visiblement pas un problème.
Inimaginable en Europe.
Cette partie de côte est beaucoup plus peuplée que celle de hier mais la nature reste belle.
Je demande au contrôle l’autorisation d’aller survoler la ville. Accordé sans problème alors que je coupe l’axe de la piste en service toujours à 1000 pieds. Ils sont vraiment très tolérants.
Je n’avais jamais vu de photo de Punta del Este. Je n’avais aucune idée du style d’agglomération que j’allais trouver. J’avais regardé sur internet et voici, résumé, ce que j’y avais entre autres trouvé.
« Punta del Este est une station balnéaire très courue en Amérique Latine mais qui n’a aucun intérêt pour les habitants du reste de la planète.
Pourquoi ? Parce que la mer, même en plein été, ne dépasse pas les 20/22 degrés ( la « saison » d’ailleurs ne dure qu’un mois du 16 décembre au 15 janvier) et que l’agglomération n’a vraiment aucun charme. C’est une pâle imitation de Miami avec des blocs d’immeubles en bord de mer et d’immenses appartements qui valent moins cher qu’aux États Unis ou en Europe avec en prime une fiscalité attrayante et une stabilité politique. Dans le quartier de Beverly Hills, où sont construites les plus belles villas de la ville, les prix montent à plusieurs dizaines de millions de dollars avec des superficies dépassant souvent les 1000 mètres carrés.
Punta del Este n’a pas toujours été comme cela. Il y a quelques dizaines d’années, dans les années 70, c’était effectivement une charmante localité en bord de mer, avec de sympathiques villas et de rares immeubles, où les habitants de Montevideo et des touristes des pays voisins venaient passer leurs vacances. Cette époque est bien finie.
Si vous n’avez que deux jours à passer en Uruguay, allez donc à Colonia, à trois heures de route de Montevideo. C’est une petite ville fondée au 17 ème siècle par les Portugais et qui a assez gardé de ce passé colonial pour créer une ambiance. Bien plus authentique que le bord de mer de Punta. »
Sur l’image à la une la péninsule vue d’en bas, et ci-dessous vue d’en haut.
Les plages sont à l’image de la ville. Pas fantastiques !
On trouve de nombreux quartiers résidentiels en périphérie.
Une des principales attractions touristiques de la région est la Casapueblo. C’est le chef d’œuvre de l’artiste uruguayen Carlos Páez Vilaró. Sa résidence d’été a été transformée en un complexe comprenant un musée, une galerie d’art et un hôtel.

Pour bâtir cet édifice, l’artiste n’a utilisé aucun plan, le construisant petit à petit de ses propres mains durant de nombreuses années. L’ensemble ne possède aucune ligne droite.
Dans son musée, il a réservé un secteur en hommage à son fils Carlitos, un des rescapés du vol 571 de la Force Aérienne Uruguayenne qui s’était écrasé dans la Cordillère des Andes le 13 octobre 1972. Ce jour là, l’équipe de rugby du Collège Stella Maris de Montevideo voyageait à destination du Chili. Après avoir atterri à Mendoza, en Argentine, à cause du mauvais temps, l’avion reprit sa route vers Santiago mais s’écrasa sur la Cordillère des Andes. Sur les 45 passagers et membres d’équipage seulement 16 auront survécu à l’accident et aux 72 jours passés dans le froid, s’alimentant de la chair de leurs compagnons défunts.
C’est exactement le vol que je vais faire demain. J’ai effectivement dû changer mon programme car la météo à Ushuaïa est exécrable pour les 2 semaines à venir. Mon arrivée y était prévue dans 6 jours. J’avais bien sûr la possibilité d’y renoncer mais je trouve dommage de ne pas m’y rendre même s’il n’y a strictement rien à y voir. Ushuaïa c’est un symbole et j’y avais des projets d’escapade encore plus au sud.
Je vais donc partir plein ouest direction Santiago si mon ami Mike réussit à m’obtenir l’autorisation d’atterrissage que les chiliens exigent. Je ne l’ai averti que cet après-midi ! Le délai est normalement de 3 jours, ce n’est donc pas gagné du tout. Si l’autorisation n’est pas arrivée, je me poserai à Mendoza et visiterai en attendant. Mon ami Telmo m’a mis en garde. Si la pression atmosphérique entre Mendoza et Santiago est de plus de 7 hectopascals, il faut renoncer car les conditions ne seront pas bonnes. S’il y a des nuages il ne faut même pas y penser. Les accidents dans cette région sont légions. Je ne tenterai aucun exploit. Il faut parfois savoir rester humble.
Je vais donc descendre côté chilien et je remonterai côté argentin par la suite. Mon arrivée en Terre de feu se fera maintenant autour du 10 janvier. Espérons que le temps sera alors meilleur !














16 réponses à "Montevideo – Punta del Este."
L’Amerique Latine te rend raisonnable ! A la Bonne heure
Salut Eric
J’étais sur que arrivé a Ushuaia tu aurais voulu aller plus au sud.
C’est très bien d’être raisonnable de temps en temps .
Prend soin de toi et ton bébé.
Amitiés
Bonjour Eric, encore un petit effort vers le sud! http://fr.m.wikipedia.org/wiki/Pegasus_Field
…/… Bon un peu loin, par contre un survol de l’Antarctique presque possible: 2400 km A/R de Ushuaia! Bon , je plaisante bien sur! Je précise car « tes projets d’escapades plus au sud » laisse peut être entendre un survol du Cap Horn…
N’allez pas trop vite les gars, Eric est en train de s’offrir un super vol aujourd’hui.
Reste à espérer qu’il n’ait pas d’ondes orographiques opposées car vents du NW sur la cordillère. Idéal pour un vol d’ondes… mais dans l’autre sens que le sien! Et en dessous ce seront des rabattants. Vol technique donc. Je l’envie là.
Eric, tu nous raconteras tout sur ton vol, c’est peut-être le plus beau de ton périple actuel
Marc B
Hello Eric,
Je te vois en vol niveau 065… je pense que tout va bien à bord…
Et le joint du vilebrequin ? il tient maintenant ?
Toujours de magnifiques photos !
8300 feet 230 Km/h, tout a l’air de bien se passer. Good Flight!!
Curieux de voir comment tu vas aborder les 200 derniers kilomètres (les plus beaux!). Veinard.
Eric est posé à Mendoza, avec des conditions qui paraissent difficiles dans la montagne.
Les prévisions meteo sont assez pessimistes pour les quatre jours à venir .
J’espère me tromper. Merci Eric.
Hello Eric,
Cette traversée aérienne des Andes est réputée technique, le relief tout a fait particulier entre haute montagne à l’Est et Plaine et mer à l’Ouest. C’est un gros morceau tout de même… Il faut que les conditions soient extra bonnes. Certes, le paysage très minéral est à tomber (des couleurs extraordinaires, j’aimerai bien être ta Gopro !) mais il vaut mieux être prudent et patienter à Mendoza. Finir par manger tes cracottes en regardant l’Aconcagua (6962m) serait tout a fait fâcheux ! J’attends la suite de tes aventures Dr Jones. Courage et tempérance t’accompagnent. Et merci pour tout. Amitiés
Bonjour Éric,
Je vois que tu n’as pas envie d’être un nouveau Guillaumet dans les Andes.
» ce que j’ai fait, aucune bête ne l’aurait fait »
Merci pour ta précision des 7 mb entre Santiago et Mendoza, tu nous apprends plein de choses.
J’ai comme l’impression que tu respectes plus les Andes que L’Atlantique ?
C’est peut-être ton côté montagnard ?
Bonne préparation de ton vol,
Bises. Paul
Ote moi d’un doute Captain…. (c’est l’agent de la DGAC qui te cause, là) :
Pour ton vol Mendoza-Santiago, tu comptes te trimbaler à quel niveau de vol ? Il y a la Cordillera à passer quand même … Le 125, 135, 145 ?, … ou 155 ?? Le bébé n’est pas pressurisé, n’est-ce pas ? Tu as pensé à l’emport d’oxygène j’espère…. Ou bien tu espères que ton Ange gardien te soufflera dans les bronches si tu manques d’air !! (D’ailleurs, parfois il serait bien ‘inspiré’ de le faire celui là….)
L’humilité, certes, …mais la prudence aussi s’impose.
A moins que tu ne fasses comme aux Canaries : du canyoning aérien à basse altitude…?
« A Ushuaia, il n’y a strictement rien à y voir »…. Ok, .. mais c’est quand même « el fin del mundo », ville la plus australe du globe. Tu ne peux pas manquer ça…! Certes, il y fait beau 30 jours par an… Avec un peu de chance tu tomberas dessus. Par contre si tu trouves là sur un des 335 autres jours, crois-moi ça secoue !
Mais tu y feras certainement de plus belles photos qu’à Punta del Este, franchement, pas top ce coin : on dirait la région parisienne en bord de mer…
Alors tu comprends,… l’impatience de revoir de vrais beaux paysages…
Allez, hasta luego Amigo.
Comme Éric ne manque, en général, pas d’air, je dirais qu’il a du s’assurer de l’option oxygène…
Pour le canyoning andin, je ne pense pas que ce soit vraiment une bonne idée vu la configuration et l’étendue du relief ! Wait for the good day… 😛 and that’s all folk.
Hummmm…. Je veux bien une confirmation….
Et moi qui espérais que tu la passes aujourd’hui cette cordillère. Là tu vas pouvoir te racheter les œuvres complètes de la pléiade en attendant mieux côté météo. Je rigole, mardi ça devrait être mieux que lundi, mais toujours risque d’ondes orographiques
Le passage de la cordillère est parfois difficile : sur notre vol Paris – Santiago du Chili, il est arrive qu’un B777 y renounce et se déroute sur Mendoza, cause turbulences….