Gran Canaria.
Jeudi 13 novembre 2014.
El Hierro – El Berriel / 234 km.
J’ai peu dormi. Couché à 23 heures, réveillé à 3 heures. Hier j’avais fait des images avec ma GoPro mais je n’en avais pas suffisamment et je me suis dit que j’en referais aujourd’hui afin d’avoir une vidéo un peu plus conséquente. Bien m’en a pris. La wifi de l’hôtel était catastrophique et c’est pareil sur toute l’île m’a-t’on dit. Alors qu’ici à Gran Canaria une photo est downloadée en très précisément 7 secondes, il me fallait 25 minutes à El Hierro. Une horreur. Ca m’a pris des heures.
Décollage en 16. Je survole la côte puis les sommets de cette île magnifique et si sauvage. C’est le Bonheur avec un grand B. C’est exceptionnellement beau. Je monte ensuite au niveau 55 et prends mon cap vers l’île de Gran Canaria et la petite piste d’El Berriel où l’on m’attend. J’ai en effet contacté Rotax afin qu’ils me donnent les coordonnées d’un service de réparation ici aux Canaries. J’ai après chaque vol quelques gouttes d’huile qui ont coulé de je ne sais pas où et je déteste lorsqu’il y a une fuite d’huile et que tout ne fonctionne pas à la perfection. J’ose espérer que ça ne sera rien de grave et que nous allons pouvoir solutionner le problème.
C’est étonnant comme chaque île est si différente.
Le sud de Gran Canaria ressemble au Grand Canyon.
J’en profite pour faire ce que je ne pourrai pas faire là-bas. Je m’amuse comme un petit fou en m’enfilant entre ces gorges puis en sautant dans la suivante.
Je sais déjà que l’accès au Grand Canyon est règlementé pour protéger les compagnies aériennes locales. Il n’est pas autorisé de descendre en-dessous de 1000 ou 2000 pieds au-dessus de toute la région. Le traffic y est très important entre les avions et les hélicoptères qui amènent des touristes. Je quitte cet endroit avec regret et me dirige vers la côte et Maspalomas. La 07 en service, j’arrive en longue finale.
Je suis très ennuyé car les affaires que j’avais envoyées depuis le Portugal afin d’avoir de la place pour caser mon ami Christophe à bord sont bloquées en douane à Madrid depuis 4 jours. Le frère d’Antonio qui s’occupe très gentiment de ça leur a expliqué le cas mais ces messieurs veulent tout vérifier et comme vous l’imaginez ça prend un temps fou de checker 4 bidons d’huile, des outils et un réservoir supplémentaire !!! Incroyable ! Je ne sais donc pas quand je vais récupérer mon matériel et pouvoir partir vers le Cap Vert.
Il faut que je vous parle d’autre chose. Pour le Brésil, Mike à Londres, qui s’occupe de toutes mes demandes d’autorisation d’atterrissage et de survol m’a demandé d’aller sur le site de l’aviation civile brésilienne et de m’inscrire en ligne, ce que j’ai fait il y a plus d’un mois. J’ai reçu par la suite une demande pour fournir un Certificate of airworthiness. Ce certificat de navigabilité n’existe pas pour les ULMs, il est remplacé par une Carte d’identification que je leur avais déjà transmise. Ils n’ont rien voulu savoir. J’ai fait intervenir la DGAC française sans aucun effet. Ils m’ont suggéré la voie diplomatique !! Je commençais à me dire que mon voyage allait s’arrêter là. En déposant mon plan de vol au Cap Vert, les brésiliens ne l’auraient pas validé. Je ne pouvais donc pas partir. J’avais imaginé déposer un plan de vol pour un autre endroit et partir quand même radio et transpondeur éteints mais cela aurait été un peu chaud. J’avais parlé de mon problème à quelques personnes dont une femme du BRIA de Lyon où je dépose régulièrement mes plans de vol. Cyrille a eu l’intelligence et l’immense gentillesse d’aller fouiner sur le site de l’aviation civile brésilienne et elle a trouvé le Truc avec un grand T. Si l’on se pose une seule fois au Brésil il n’y a pas lieu de demander cette autorisation. Je suis sauvé. Encore un immense merci Cyrille. Je te bénis. Officiellement je me poserai donc une seule fois au Brésil. L’important est d’y parvenir. Une fois sur place nous pourrons négocier. J’avais imaginé de démonter les ailes et d’envoyer mon bébé par avion cargo, je suis content de pouvoir traverser en vol.
Une fois posé, je retrouve Afriano (un pilote ingénieur) et Daniel (instructeur giro et ULM) qui se mettent tout de suite à l’ouvrage sur ma machine. Après consultation il s’avère que c’est un o-ring qui fuit très légèrement. Il faudrait déposer le moteur pour y avoir accès. Je vais devoir vivre avec. Peter, le chef mécanicien d’Aerospool que j’appelle, me confirme le diagnostic. Il n’y a rien à faire, c’est insignifiant. Je suis rassuré.
Il n’y a que peu de similitudes entre Gran Canaria et El Hierro, ni d’ailleurs avec l’Australie. Sur la Gold Coast une multitude de jeunes se promènent en maillot de bain dans les rues. C’est très chouette ! Ici c’est l’opposé, c’est le 3ème âge qui se ballade en maillot et ce n’est pas spécialement beau. On a construit partout, les gens sont entassés dans des immeubles trop nombreux et trop proches. Ce n’est pas vraiment ce que j’aime.
Attention : n’oubliez pas de cliquer sur la roue dentelée en bas à droite de l’écran et de changer la résolution de la vidéo. Elle est actuellement de 480p, il convient de la mettre sur 1080p HD. Je ne sais pas pourquoi cela s’enregistre à chaque fois ainsi. Désolé !
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7 réponses à "Gran Canaria."
Que voilà une bonne nouvelle si le « Truc » est vraiment reconnu par les autorités brésiliennes et que celles-ci ne te prennent pas pour leur tête de Turc. Bravo. Je sens que tu vas bientôt pouvoir commander ton fût d’essence de qualité pour la grande traversée ! En attendant, c’est un plaisir de découvrir tes photos et vidéos.
bonjour Eric, toujours beaucoup de temps passé pour nous faire de merveilleuses vidéos.
pour ta fuite d’huile je pense que c’est la même chose que j’ai eu sur le P92 voyage Norvège, c’est une fuite à l’arrière du moteur, sous une plaque de caoutchouc noir. C’est le Oring de la sortie du vilebrequin. L’huile chaude fais de grosses traces mais c’est pas important, tu vas pouvoir contrôler la consommation avec le voyage sur le cap vert. Robert à Bellegarde l’avais remplacé sans dépose du moteur, je crois qu’il a une outil spécial.
merci pour tout ce gros travail afin de nous faire vivre ton voyage
amitiés
jc
Eric bonjour,
Superbes images et recits fort instructifs.
Au sujet du joint torrique (O’ring):
Retour d’experience: Je ne sais pas de quel joint précisément il s’agit. Si ce n’est pas celui du vilebrequin (comme indiqué dans l’un des messages) mais si c’est un de ceux qui assurent l’étanchéité entre les tubes des poussoirs (2 sous chaque cylindre) et le bloc moteur, il y a risque de rupture ou glissement de ce joint à n’importe quel moment et en conséquence une perte rapide et quasi-totale de l’huile moteur….
S’il existe des traces d’huiles importantes sous l’un des cylindres, au pied de l’un de ces tubes caches-poussoirs, et pas loin de l’une des bougies inférieures, c’est ce joint qui est la cause du problème.
Pour faire la vérif il faut enlever le capot inférieur.
Pour remplacer ce joint: Ce n’est pas bien compliqué à démonter mais le remontage (avec un joint neuf impérativement) est plus délicat car le joint se trouve dans une sorte de gorge au pied de ce tube et il faut enfoncer l’ensemble tube/joint, dans un alésage étroit sans tourner l’ensemble (risque de coupure sur le joint). Je crois me souvenir qu’il y a un autre joint à l’autre extrémité du tube mais celui-là ne pose pas de pb. (mettre egalement un joint neuf au remontage).
Si l’opération se passe mal (il faut abondamment huiler l’alésage mais surtout pas la gorge) , le joint sortira légèrement de sa gorge et en raison de la pression/température il va finir par glisser (occasionnant ainsi une fuite d’huile plus ou moins importante) avec un risque de rupture (du joint).
Cordialement
Poussoirs = Culbuteurs ?
Pauvre Eric !
La prochaine fois que tu te trouves avec un debit internet de 56Ko/sec, ne fais pas ton Suisse (qui veut que tout soit parfait et livrer ses reportages quotidiens) !
Va donc te promener et profites du bled, nous pourrons attendre 2 -3 jours de décalage…
Quand je vois toutes ces belles routes (payées par la CEE) aux Canaries, je me dis qu’il y a quelques familles qui se sont bien enrichies : fournitures de matériaux, engins, etc…
Bonjour Eric,
Superbes ta vidéo surfant sur le dessus des nuages.
Également superbe, la voix d’opéra sur tes panoramas d’hier.
pour ta fuite d’huile, tant que tu ne consommes pas plus d’huile que d’essence, je crois que ton moral restera tjrs au beau fixe.
On a l’impression que tu prends la ligne régulière ( je ne citerai pas de nom de Cies…)quand tu nous parles de tes bagages bloqués en douane et de ton autorisation brésilienne qui fait défaut .
C’est bien le comble d’avoir un WT 9 qui se faufile partout et d’être ennuyé, pour rester poli, par l’administration qui s’ingénie à te coincer au Cap vert….
On reste en haleine .
comment vas tu te sortir encore une fois de cette impasse ?
Merci Éric , tu nous envoies le soleil et la ténacité qui se font rares en ce moment.
Amitiés,
Paul