Vendredi 6 mars 2015.

Cuzco – Arequipa / 314 km.

En me levant ce matin je m’attendais à trouver un temps horrible avec de la pluie. Ce n’est pas du tout le cas, il ne pleut pas et il y a de nombreux coins de ciel bleu. Les prévisions météo ne sont définitivement pas toujours exactes !!

Je me prépare rapidement et arrive à 6 h 15 à l’aéroport. On m’escorte jusqu’au bureau des plans de vol où j’en remplis un. Le responsable m’annonce qu’il ne peut pas me faire de facture car il n’en a pas sous la main. Il n’y a presque jamais de machines privées à venir se poser ici. Je demande si je peux payer à Arequipa. Il appelle Lima, explique le problème puis raccroche. Il me dit qu’ils vont rappeler dans 5 minutes. Ils n’ont jamais rappelé. Je l’informe que j’aimerais partir rapidement afin d’éviter le mauvais temps à venir. Il finit par me faire un calcul où il apparait que je dois l’équivalent de 135 CHF. Je paie sans discuter, remercie puis rejoins ma machine.

Hier j’ai acheté 100 litres d’essence 97 octanes que j’ai versé dans mes réservoirs sous la pluie. Exceptionnellement je purge mes 2 ailes. Il est 8 h 55 lorsque j’appelle la tour qui me répond qu’il y a trop de traffic et que je dois attendre 9 h 30 pour mettre en route. Je crois rêver : il y a un avion toutes les 10 minutes qui décolle ou se pose !!

Je reçois finalement le feu vert et décolle en 10 à 9 h 35. Le contrôle me demande de garder mon cap sur 8 nautiques avant de partir vers ma destination. Je m’exécute et comprends mieux le retard pour mon départ. J’aurais parfaitement pu virer vers Arequipa à 1’000 pieds sol ! Comme pour l’arrivée on me traite comme un vol IFR. Je monte très lentement jusqu’à 18’000 pieds. Le haut des nuages stagne plus ou moins à cette altitude.

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Ils sont heureusement encore relativement peu nombreux.

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Les paysages varient de manière incroyable au fil des kilomètres.

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Juste avant mi-parcours le ciel se bouche de plus en plus.

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Il faut slalomer entre les masses nuageuses.

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La situation devient de plus en plus difficile. Voilà ce qui s’offre à moi. Je m’enfile entre deux couches.

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J’aperçois par moments des sommets enneigés.

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Parfois je parviens à me glisser sous la couche, parfois je suis dedans. Heureusement ce n’est absolument pas turbulent.

Le ciel s’éclaircit enfin. Je pousse un grand ouf de soulagement. Je suis vraiment ravi d’en être sorti. Ce fut réellement difficile et stressant de survoler cette Cordillère.

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Je peux enfin savourer le paysage

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et la variété des différentes formations rocheuses.

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Je passe une dernière barre montagneuse et me retrouve à plus de 13’500 pieds à cinq minutes de l’aéroport qui est à 8’400 pieds.

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Je coupe les gaz et descends très rapidement en direction du seuil de piste en faisant quelques lacets.

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Mon regard se pose une dernière fois sur cette Cordillère qui m’en a vraiment fait voir de toutes les couleurs. Je n’ai jamais connu de conditions aussi extrêmes.

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1 h 40 de vol.

Je me dirige vers le parking que m’indique la tour et passe devant un gros hélicoptère de l’armée.

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Un homme en tenue militaire est debout devant la machine. Je lui fais un signe de la main. Il me répond puis se dirige vers moi. Nous nous présentons, il me demande d’où je viens, me dit que ce n’est pas du tout la saison pour survoler les Andes, qu’il n’est pas surpris que j’aie eu un vol pénible, que le bon moment est d’avril à septembre. Je le questionne à mon tour. Son hélicoptère est russe, il a 80 heures, c’est une machine de combat mais les armes ont été enlevées. Il attend le Président qui aime piloter. Il va atterrir d’un instant à l’autre et ils vont partir se balader. Très gentiment il m’invite à prendre sa place et demande à un de ses sbires de me prendre en photo.

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Il me propose de le contacter lorsque je serai à Lima et me donne ses coordonnées. Super gentil.

Dix minutes plus tard un avion des forces péruviennes se gare à côté de ma machine.

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Des hommes avec gilet pare-balles et armés en descendent suivis d’un homme de petite taille (Monsieur Ollanta Humala), d’un caméraman et d’un photographe. L’hélicoptère tourne déjà et décolle immédiatement avec sa précieuse cargaison.

Demain visite de la ville.