Vendredi 27 février 2015.

Arequipa – Cuzco / 314 km.

Je m’arrête sur le chemin de l’aéroport pour prendre 50 litres d’essence. On me laisse passer sans problème au contrôle avec mon essence car une demande a été déposée et acceptée. Je vide mes réservoirs souples, dépose mon plan de vol puis rejoins ma machine. Décollage en 28, je monte très lentement jusqu’à 19’000 pieds. La route de Cuzco est bouchée par une énorme masse de nuages qui monte certainement jusqu’au niveau 270. Je continue ouest espérant trouver un endroit où les nuages seront plus bas. Je me dis que je ne passerai pas car je suis convaincu que cela doit être pareil sur des dizaines de kilomètres. Toute la Cordillère est recouverte, c’est gigantesque. J’aurais dû partir beaucoup plus tôt. Pourtant je continue encore et encore à longer cette muraille infranchissable. Il y a des trous mais je ne sais pas ce qu’il y a derrière et les nuages sont monstrueux. Je n’ai pas envie de me faire massacrer en partant dedans sachant que la largeur de cette barrière peut être énorme. Je trouve finalement un endroit où les nuages sont moins agressifs et moins nombreux. Le haut est fermé, je ne vois pas le ciel, je distingue par moment le sol qui est 3’000 pieds en-dessous, des murs de nuages bordent les côtés. Je m’enfonce dans cette sorte de clairière en surveillant sans cesse mes arrières car je ne tiens pas à me faire enfermer. J’avance prudemment. Quelques centaines de mètres plus loin j’aperçois une lueur. J’avance encore pour constater qu’il s’agit de rayons de soleil qui atteignent le sol. Il y a une fissure dans les nuages sur la droite. Je m’approche. Elle est légèrement plus large que mes ailes puis se rétrécit après 200 m. mais il y a du ciel bleu tout derrière. Je me lance, les masses bougent, se referment, je suis au cap 010, je le conserve 40 secondes puis ressort et là c’est le bonheur, tout est dégagé. C’est le grand beau.

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Je remercie la main invisible de m’avoir permis de passer. Je n’y croyais pas, j’ai pensé revenir à Arequipa au moins 5 fois me disant que ce serait la même chose partout. Je suis à 70 nautiques de Cuzco. En me rapprochant j’aperçois encore de très nombreux nuages.

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Je décide de rester au-dessus. Le contrôle me demande d’arriver vertical à 17’000 pieds. L’aéroport est à 10’859 pieds (image à la une). Ils doivent imaginer que j’arrive avec un A380 car ils me font ensuite partir dans l’axe de piste à 11 nautiques, faire un 180° puis débuter mon vent arrière jusqu’à 7 nautiques d’éloignement avant de tourner en base main droite pour la 28 où je pose en vent arrière. Très spécial !  2 h 50 de vol, énorme !

Ce fut un vol éprouvant pour les nerfs. Je me sens fatigué mais je suis super content d’être ici, c’est un peu un rêve, presque irréel. Tout le monde est super gentil et accueillant. Ils n’ont jamais vu un aussi petit avion se poser ici.

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Plusieurs me donnent leur numéro de téléphone en cas de besoin.

Je rejoins mon hôtel ainsi que mon Mac avec lequel je passe la fin de la journée. La ville est exceptionnellement belle. J’ai rarement vu autant de charme, de splendeur. Toutefois il vous faudra attendre encore quelques jours avant de la découvrir. Je pars demain matin pour Aguas Calientes, la ville la plus proche du Machu Picchu. Retour à Cuzco mardi 3 mars.

Merci pour tous vos messages.