Mercredi 4 février 2015.

Merci pour vos nombreux messages.

Je n’ai pas l’habitude de faire des folies et de sortir le soir. Habituellement je travaille sur mon Mac. Suite à mon dîner hier soir avec Tania et Joaquin j’ai pris du retard et très vite les mails s’accumulent. Ce matin Tania a souhaité me faire changer d’hôtel. Il est vrai qu’on ne pouvait pas ouvrir les fenêtres, ni régler la puissance de l’air conditionné, celui-ci étant au maximum et faisant un bruit infernal. Elle passe me prendre vers 10 heures et nous déposons mes affaires dans ma nouvelle chambre.

Joaquin nous rejoint et m’amène à l’aéroport. Nous nous rendons dans les bureaux de la DGAC. El comandante nous reçoit. Joaquin explique que j’ai besoin de me rendre sur l’aérodrome voisin afin d’y faire une vidange puis également dans différentes autres villes. Il appelle le n° 1. C’était trop drôle, comme dans les films lorsque le chef de la police appelle le ministre de l’intérieur. Il était debout, droit comme un i et c’était : si mi General (avec l’accent : Reneral), claro mi Reneral, ningun problema mi Reneral, gracias mi Reneral. Au garde à vous. Dans un premier temps j’ai mon autorisation pour rejoindre à El Trompillo, l’aéroport voisin et je dois lister les endroits où je souhaite me rendre par la suite. Il pourrait y avoir des solutions !!!  Nous le remercions chaleureusement. Il m’accompagne déposer mon plan de vol, passage par le bureau pour la lutte contre le narcotrafic puis il me dépose à mon avion. Je contacte la tour qui m’accorde la mise en route puis le roulage. Je me dirige vers le point d’arrêt de la 34 lorsque j’entends : Foxtrot Kilo Echo, maintenez position. Je m’arrête. Foxtrot Kilo Echo, 1ère à droite roulez vers le parking principal, suivez les instructions du marcheler. Tout ce que j’aime. On m’indique où me stationner puis on m’amène vers le bâtiment principal. Je me rends au bureau des opérations où l’on me réclame 10 $. Tout ça pour 10 $. Je paie, on me ramène, je contacte le sol, mise en route approuvée, roulage jusqu’au point d’arrêt. Autorisé au décollage, puis virage à droite. C’est parti. Enfin !  Cinq minutes de vol, vent arrière main droite pour la 33. L’aéroport d’El Trompillo est l’ancien aéroport international de Santa Cruz. Il est situé en plein centre ville.

Le 13 octobre 1976, un Boing 707 en décolle mais ne parvient pas à prendre suffisamment d’altitude et s’écrase sur un stade voisin faisant 88 morts. Suite à cet accident la décision est prise de construire un nouvel aéroport en dehors de la ville. Aujourd’hui l’agglomération a grandi et rejoint Viru Viru. Le vent souffle à 35 noeuds en rafales, l’atterrissage est musclé. Joaquin est là pour m’accueillir. J’ai rarement connu personne aussi dévouée, serviable et généreuse. Il m’a trouvé une place dans un hangar pour mettre mon avion. Déjeuner avec Tania à mon hôtel.

Joaquin passe me récupérer à 18 heures. Nous rejoignons le terrain où il a sa machine, un petit terrain en herbe juste à côté d’El Trompillo. Son Lancair est magnifique, il l’a construit avec amour, soin et précision. Splendide. Nous passons 2 heures avec des pilotes membres de l’Aeroclub à bavarder avant de rejoindre d’autres pilotes, des professionnels ceux-ci qui organisent un dîner dans leurs locaux. Soirée très sympathique. Echanges, discussions. Je fais la connaissance d’un instructeur qui fait également du convoyage d’avions depuis les USA. Il vole samedi vers Uyuni et nous devrions nous retrouver là-bas si tout va comme je le souhaite. Il est presque minuit lorsque je me couche.