Lundi 26 janvier 2015.

Tout est couvert lorsque j’arrive à l’aérodrome ce matin vers 9 h 15. Je rencontre Jaime, futur pilote professionnel, qui rêve de rentrer chez Lan la compagnie chilienne. Il travaille aux opérations et parle parfaitement notre langue qu’il a apprise à l’Alliance française. J’enlève le capot moteur et vérifie le niveau du liquide de refroidissement. Tout est ok. Une heure plus tard le soleil fait de timides apparitions. Il est 11 h 10 lorsque je décolle en 36. L’aérodrome est sur les hauts de Valparaíso, je descends en longeant la pente des collines pour rejoindre le bord de mer et me retrouve très rapidement sous la couche. Je longe la côte mais la visibilité devient rapidement plus que précaire et je demande au contrôle l’autorisation de monter. Recibido. Je suis très vite au-dessus où je retrouve un grand soleil. Ci-dessous mon côté gauche (mer).

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En image à la une mon côté droit avec les prémices de la Cordillère.

Je demande à monter au niveau 85. A discrétion. J’ai entre 20 et 30 km/h de vent arrière, puis il diminue un peu, tourne travers gauche et finis travers face vers la fin du vol.

Je repasse avec le contrôle de Santiago. On me donne un numéro de téléphone que je dois appeler une fois au sol. Je n’aime pas ça du tout.

J’arrive aux portes du désert d’Atacama.

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Il n’a pas plu ici depuis 17 ans, dixit mon chauffeur de taxi.

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Les paysages commencent à être intéressants.

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Il va y avoir des choses extraordinaires à voir dès demain.

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Copiapó compte plus de 160’000 habitants.

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Ses environs sont très riches en minerais (cuivre, fer et or). C’est ici, en 2010, que 33 mineurs restèrent bloqués sous terre pendant 69 jours suite à un accident minier. La presse en parla abondamment. On y trouve également énormément de vignes grâce à l’utilisation de techniques modernes d’irrigation comme le goutte à goutte. L’eau se trouve à 140 mètres de profondeur. L’ensoleillement y est exceptionnel. Une des zones les plus arides du monde produit ainsi un des meilleurs raisins.

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Je vais me poser sur un terrain qui n’est plus utilisé. On m’a averti qu’il n’y aurait personne à l’exception d’un homme qui surveille un avion dans un hangar. A moi de m’arranger avec lui afin qu’il garde un œil sur ma machine, la zone n’étant pas surveillée. Je me pose en 27. 2 h 40 de vol. J’aperçois un magnifique bi-moteur abrité et juste à côté un long camion qui sert de logement au gardien. Il appartient à une importante société de la région. Le patron a son pilote qui l’emmène voir ses clients dans tout le pays à raison d’un vol en moyenne par semaine. Je vais me présenter, lui demande s’il peut, contre rémunération, s’occuper également de surveiller mon bébé. Avec plaisir Don Eric. Lui je ne peux pas le virer, j’ai besoin de lui ! Trajet jusqu’à l’hôtel où rebelote on me remet une couche de Don Eric. Cela me fait à chaque fois sourire.

Lorsque je demande au chauffeur de taxi ce qu’il y a à voir à Copiapó, il me parle du mall. Je lui demande s’il n’y a pas autre chose. Non.

J’appelle le numéro que l’on m’a donné. C’est la DGAC. On m’informe que je vole sans autorisation de survol, celle-ci étant échue depuis plusieurs jours déjà. Je m’excuse platement. On souhaite connaître mes prochaines destinations, savoir de quelle ville je vais quitter le pays ainsi que les dates de chacun de mes stops. On me dicte un texte que je dois envoyer immédiatement par mail. Je prends note, m’exécute et reçois 5 minutes plus tard une nouvelle autorisation. Ouf !

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Demain je me rends à San Pedro de Atacama; vol de 537 km.