Mercredi 7 janvier 2015.

Punta Arenas – Puerto Natales / 186 km.

Je descends prendre mon petit déjeuner à 8 heures. Un homme se trouve dans l’ascenseur. Je lui demande d’où il vient. De Sao Paolo. Vous n’allez pas me croire, il m’annonce : je suis pilote. C’est incroyable je les collectionne. Lors de mon voyage aux Marquises c’est une jeune femme française qui travaillait pour Emirates que j’avais croisé dans l’ascenseur de mon hôtel à Kolkata.

Nous nous retrouvons à 10 heures ce matin avec Bill. Son handling agent vient le prendre à l’hôtel. Il me propose de me joindre à lui pour aller à l’aéroport. Ils s’arrêtent très gentiment dans une station service pour me permettre de remplir 2 réservoirs souples.

Chacun de nous fait ensuite les pleins mais nous ne mettons pas les mêmes quantités d’essence, moi ce sont 50 litres, lui 1030.

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Il rentre ensuite sa route sur ses GPS.

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Je paie 20’000 pesos (37 CHF) pour un permis de vol d’un mois dans le pays. C’est tout ce que ça va me coûter. Qui dit mieux ?!

Nous retrouvons Flavio et son co-pilote pour la photo de famille.

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A noter : les brésiliens sont nettement plus cools que les russes. Vous remarquerez la tenue !

Flavio est d’ailleurs au service d’un de ses compatriotes qui possède plusieurs chaînes de supermarchés et s’est offert ce magnifique joujou.

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Ce Falcon 7X vaut la bagatelle de 50 millions de $. Il ne l’utilise que pour lui et sa famille. Il a volé 650 heures l’année dernière.

Ils font un aller retour vers Puerto Natales afin de récupérer le fils de son patron. J’ai le privilège de monter à bord et de rouler avec eux jusqu’au refuelling. C’est une merveille de technologie et d’automatisation. Il s’aménage au besoin très rapidement avec 6 lits.

Ce monstre attend pour partir ravitailler une base dans l’Antarctique.

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Je suis prêt pour le roulage avant les brésiliens. Le vent souffle à 50 km/h avec des rafales à 70 et c’est pire à destination. Je roule à peine 80 mètres et me retrouve en l’air. Bill préfère attendre car cela devrait diminuer un peu d’ici 2 – 3 heures. Il fait beau mais ça va rapidement se gâter.

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Je me fais copieusement secouer. Je vole bas car le plafond est à moins de 3’000 pieds. Je suis obligé de réduire souvent la vitesse bien que j’aie du vent de travers face à 80 km/h et que je n’avance déjà pas très vite. J’ai l’impression d’être dans une véritable essoreuse. La visibilité diminue. C’est un vol difficile. Ce que vous voyez sur la vidéo, c’était lorsque les conditions étaient bonnes!! Nous sommes sur les mêmes fréquences avec Flavio. Je l’entends monter à 18’000 pieds puis très rapidement descendre à 7’000 et s’annoncer pour l’approche. Il redécolle alors que je suis encore à 12 minutes et me souhaite un bon atterrissage. Je lui adresse la même chose. Je survole Puerto Natales.

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Ces encouragements vont m’être nécessaires car l’atterrissage est musclé. Cela ne se voit pas sur la vidéo mais l’avion ne voulait pas se poser. Les responsables de la tour me suivent à la jumelle et m’ont avoué juste après s’être fait un peu de souci en me voyant balloté ainsi par le vent. Heureusement, je m’étais renseigné, il soufflait dans l’axe de la piste. Je ne me serais pas posé aujourd’hui ici avec du vent de travers.

Bill est parti nord ouest afin d’éviter d’avoir le vent plein face. Il s’est également fait violemment secouer durant les 3 premières heures. Vous pouvez le suivre sur

https://go.spidertracks.com/fleetpro/public/zqpilot/tracks

Alors que je me réveille, 5 heures du matin chez moi (8 heures UTC), il est travers nord de l’Ile de Pâques. Il fait route vers Tahiti où il devrait arriver après 28 heures de vol. Il en repartira très rapidement pour rallier la Nouvelle Zélande qu’il a inscrit sur sa route. Il est donc contraint de s’y rendre. Après ce sera Hawaï, l’Alaska puis la dernière étape, le pôle nord et la Floride.

J’ai 4 magnifiques calendriers 2015 d’Aerospool à disposition si cela intéresse quelqu’un. Merci de me faire savoir.