Lundi 29 décembre 2014.

Cela s’appelle une journée à oublier. Il y a d’autres mots moins jolis …

A 8 heures, j’appelle la DGAC chilienne à Punta Arenas. La personne me demande de contacter directement le Centre de Puerto Williams sur la Isla Navarino juste en face un peu plus à l’est. On me donne là-bas le numéro des « veedor » que je dois appeler à 8h30. Pour rappel, je ne peux pas aller tout seul survoler le Cap Horn, je dois être accompagné par un « veedor » dans ma machine. A l’heure fixée, je les contacte et nous convenons que j’atterrirai aux alentours de 11 h. Je réalise que j’ai obtenu mon autorisation. Je suis super content et excité. YESSSSSSSSS !

Je me rends à l’aéroclub où l’on m’informe que je dois prendre rendez-vous avec la douane et l’immigration qui ne sont pas sur place en permanence. On appelle et heureusement (merci Christophe) ils sont présents pour son vol à destination du Brésil. Je décolle pour 4 minutes et me pose en 25. En me rendant vers l’aérogare je croise Christophe splendide dans son habit de commandant de bord avec ses 4 galons dorés qui se rend à son avion avec son patron accompagné de son épouse et de son fils. Personnellement si j’avais un jet et un pilote, j’exigerais qu’il travaille en jeans et t-shirt, je trouverais cela plus marrant et plus original !

Je fais toutes les formalités de sortie du pays y compris le dépôt du plan de vol puis retourne à ma machine et appelle la tour pour mettre en route. On me demande d’attendre un instant et 25 minutes plus tard l’on m’informe que Puerto Williams n’est pas un aéroport international et que je dois me rendre à Punta Arenas (à 265 km au nord) faire les formalités d’entrée au Chili pour ensuite aller me poser à Puerto Williams, embarquer un veedor et aller survoler le Cap Horn. On va se renseigner afin de trouver éventuellement une autre solution. J’attends plus d’une heure puis retourne dans le terminal où l’on me confirme qu’il aurait fallu faire une demande 48 heures à l’avance afin d’organiser la venue de la douane à Puerto Williams. L’ennui c’est que personne ne m’en a informé. Un ange passe les ailes lourdes chargées de tristesse.

Alors qu’il faisait un temps splendide lorsque je me suis posé (image à la une), le temps s’est couvert incroyablement rapidement et je retourne à l’aéroclub sous la pluie, déçu.

Je me console en me disant que mes mésaventures serviront à ceux, comme mes amis de Spirit of Nouméa, qui envisagent de venir se balader ici un jour. Ils sauront ce qu’il convient de faire et de ne pas faire.

En discutant avec les pilotes de l’aéroclub, je suis surpris d’apprendre que personne, je dis bien personne, n’a survolé le Cap Horn. C’est tout de même étonnant !  J’ai cru comprendre qu’ils n’aiment pas trop l’eau et qu’ils ont une confiance modérée vis à vis de la fiabilité des machines sur lesquelles ils volent !!

J’ai une dernière possibilité d’organiser un survol du Cap Horn lorsque je serai justement à Punta Arenas, mon entrée au Chili tout début janvier. Cela dépendra de la météo.

Elle n’est d’ailleurs pas bonne demain mardi au nord est vers Puerto Madryn où j’avais envisagé de me rendre. Pas fantastique non plus ici pour le décollage. Je devrai m’armer de patience et attendre le bon créneau. Il devrait pleuvoir ici une bonne partie de la journée. Il s’agira de parvenir à franchir les montagnes au nord de la ville. Derrière il fera beau. J’ai réservé à El Calafate pour vous montrer un des plus beaux sites du voyage.