Vendredi 26 décembre 2014.

Bariloche – Cholila / 151 km.

Je suis à 8 heures à l’aérodrome. Mon plan de vol a été déposé hier par téléphone. Je mets en route, contacte l’aéroport de Bariloche situé à 5 km et demande l’autorisation de rouler pour décollage immédiat. On me prie de rappeler une fois en l’air. Je suis un peu en souci par rapport à l’état de la piste. Pour l’atterrissage ça allait plus ou moins vu que j’arrivais les gaz coupés. Là je vais devoir mettre à fond pour décoller. J’espère que je ne vais pas massacrer mon hélice ni envoyer des cailloux partout sur les bords d’attaque de mes ailes, principalement sur celle de gauche. Je me mets sur la droite de la piste qui me paraît moins pire que l’autre côté, mets les gaz très progressivement jusqu’au maximum, tire rapidement en douceur sur le manche pour soulager l’avant. Je me retrouve très vite en l’air et je n’entends pas de bruits suspects. En fait une fois arrivé et vérification faite il n’y a eu aucuns dommages. Très bonne nouvelle.

J’annonce à la tour que je vais dévier légèrement de ma route en partant un peu sur la droite. Je souhaite en effet survoler le Refugio Frey où je suis allé hier. Accordé. Il est malheureusement sous le vent et je me fais bien secouer. Je prends bien garde de maintenir suffisamment de hauteur.

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Je m’amuse ensuite à faire un peu de rase-mottes au sommet d’une montagne où l’on pourrait sans problème se poser avec certaines machines ayant de plus grosses roues et volant plus lentement.

Le temps se gâte. Je ne peux pas continuer en haut car je risque de ne plus pouvoir redescendre plus loin. Je décide de passer sous la couche. Je pars dans une vallée en vent arrière avec une vitesse qui s’envole à plus de 290 km/h puis je dois bifurquer sur la droite et là je me retrouve sous les rabattants et dois réduire ma vitesse car je me fais brasser comme dans une centrifugeuse. Heureusement cela ne dure pas longtemps. Pablo un des responsables de l’Aerofishing Lodge me contacte sur 123,5 et m’indique que la piste 09 est en service. Je pars sur le lac, déverrouille le train, mets 2 crans de volets et m’aligne. C’est chouette de se poser sur une belle petite piste comme ça !

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Cet endroit avec du soleil doit être splendide. Nous sommes perdus au milieu de nulle part. C’est magnifique, reposant, paisible, extraordinaire.

Le terrain appartenait au grand-père de Pablo qui y avait fait une piste et venait s’y ressourcer les week-ends. Ses parents ont construit la lodge il y a 8 ans. Elle compte 5 chambres et accueille de nombreux amateurs de pêche « catch and release ». On attrape le poisson mais on le relâche. Je trouve cela horrible et terriblement frustrant de ne même pas pouvoir les manger.

Demain un vol difficile avec une importante zone de pluie à traverser à mi-chemin. Je vais vraisemblablement partir à l’est pour la contourner. Il devrait y avoir 100 km/h de vent à 10’000 pieds. Je vais peut-être pouvoir battre mon record de vitesse sol qui stagne  pour l’instant à 350 km/h. Mon ami Marc m’a annoncé qu’il avait fait 402 km/h avec le VL3 de son pote Harald.

J’espère que vous avez finalement deviné que c’était une fondue que j’ai dégusté hier soir !