Vendredi 19 décembre 2014.

Grand beau ce matin comme annoncé.

Je remplis 2 réservoirs souples avec de la 98 octanes dans une station Shell. Lorsque je veux déposer mon plan de vol et que j’explique où je souhaite aller me poser, la personne de service me dit qu’il faut demander une autorisation spéciale pour ce terrain. Je dois me rendre à l’aviation civile, le bâtiment à côté. Je m’exécute, explique mon cas à l’employé qui très gentiment contacte le responsable à Cachi, qui lui propose de le rappeler dans 10 minutes. C’est très rapidement confirmé mais la dame des plans de vol insiste pour qu’un responsable ici à Salta donne son accord. Le problème est qu’ils sont tous absents. On finit par joindre le directeur de l’aéroport qui donne sa bénédiction. Ouf  ! Tout cela a largement pris plus d’une heure. Je vide mes réservoirs souples et complète avec de l’Avgas. Décollage en 20, je monte à 15’000 pieds pour pouvoir passer les premiers contreforts de la Cordillère. Je demande au contrôle quelle fréquence je dois contacter pour Cachi. Aucune. Bien noté merci. L’air est relativement calme, très calme comparé à l’autre jour. Il fait chaud, ma machine monte très péniblement bien que je n’aie pas mes affaires avec moi, à part un petit sac. Derrière la première crête tout est vert.

IMG_7837

Je passe la suivante, le paysage est totalement différent.

IMG_7841

Un peu plus loin on dirait de la dentelle.

IMG_7839

J’arrive vers Cachi. Il y a une magnifique manche à air. Je rentre en base puis tourne en finale 21. La piste est incroyablement longue pour un tel endroit. Je suis sur la planète mars. Il n’y a pas âme qui vive. J’attends 10 minutes espérant voir arriver quelqu’un. Que nenni !

Le village est loin. Il paraît qu’il est charmant mais il fait très chaud et je n’ai pas envie de m’y rendre à pied. Je remets en route, remonte la piste et décolle sans avoir prononcé une phrase. J’ai perdu le contact avec Salta aussitôt passé les premières montagnes. Je continue direction nord. Il y a une nouvelle chaîne à passer et j’ai toujours autant de difficultés à prendre de l’altitude. Je trouve quelques thermiques et spirale durant 5 bonnes minutes pour gagner quelques centaines de pied. Ma vitesse d’ailleurs a terriblement chuté puisqu’elle est annoncée à 50,6 km/h sur le tracking. Il doit y avoir un problème car cela me paraît excessivement peu et infiniment lent. A moins que j’aie juste à ce moment là tiré très fort sur la manche pour profiter au maximum de l’ascendance ?!?!

POINT # 2067


Aircraft : Dynamics WT9
Tail number : F-JUKE
Date : 19/12/2014 14:57:30 UTC
Distance from start : 10958.0 Nm – 20297.6 km
Latitude : S 24° 27.65130′
Longitude : W 66° 9.95856′
Altitude: 16753 ft – 5106.4 m
Heading: 92.0°
Speed: 27.3 kts – 50.6 km/h

Cela me rappelle de magnifiques souvenirs en delta et en planeur.
Je finis par passer à 17’295 pieds. Derrière il y a une très longue plaine avec une lueur très vive tout au fond. Je me rapproche et admire un spectacle grandiose.

IMG_7850

Les Salinas Grandes sont un petit salar ou désert de sel situé sur les hauts plateaux. Sa superficie est de plus ou moins 12 000 ha, soit 120 km2. Le site se trouve à environ 3 350 m d’altitude. Il s’agit d’une étendue de sel sous forme de croûte dure, d’une épaisseur de 30 centimètres. On peut rouler en voiture sur sa surface. Elle est d’une blancheur éblouissante, et forme avec le ciel, presque toujours bleu, un paysage d’une beauté saisissante.

Je contemple longuement cette étendue sans même pouvoir dire un mot. J’ai envie de me poser, d’admirer ça de tout près. J’ai repéré du sable qui a l’air dur. Je sors le train, 2 crans de volets, fais mon approche, je réduis tout mais au dernier moment des lamas ou des alpagas (3 bêtes) partent en courant juste à côté (sur ma droite) et je ne suis soudainement plus prêt à prendre le risque. Ce serait trop stupide de casser quelque chose.
Je remets plein gaz et quitte cet endroit extraordinaire.
Retour sur Salta. Je m’amuse un peu avec les reliefs et les nuages.

Le sens de piste a changé, c’est maintenant la 02 qui est en service. Je fais un vent arrière main gauche et n’ai finalement aucun regret de ne pas m’être posé à Salinas Grandes.

Demain départ pour Cordoba, 2ème plus grande ville du pays derrière la capitale. La météo à l’arrivée n’est pas vraiment bonne.