Mercredi 17 décembre 2014.

Je tiens à commencer cet article en vous remerciant très chaleureusement pour vos très nombreux messages. Vous me gâtez. Cela me touche énormément. J’ai un immense plaisir à lire chacun d’entre eux mais pardonnez-moi de ne pas pouvoir répondre personnellement à chacun d’entre vous. Je manque vraiment de temps. Merci, merci, merci, merciiiiiiiiiiiiii du fond du coeur à tous.

Salta la Linda est située à 1187 m d’altitude. C’est la ville argentine qui a le mieux préservé son architecture coloniale.

Le Cabildo (bâtiment du conseil municipal) est l’édifice colonial le plus ancien de la cité. Les travaux de construction débutèrent vers 1780. Sa tour ne fut élevée que plusieurs années après. Il est le plus complet et le mieux conservé d’Argentine.
Actuellement, il est le siège de deux musées : le Musée Historique du Nord à l’étage inférieur et le Musée Colonial et des Beaux-Arts, au niveau supérieur.

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L’Iglesia de San Francisco est un des plus beaux édifices religieux de style néoclassique du 19ème siècle en Argentine. Plus de 20 ans furent nécessaires à sa construction qui commença en 1858.

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On la découvre aux abords d’une place arborée, la Plaza 9 de Julio.

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Le monument à la figure emblématique du Général Don Martín Miguel de Güemes a été sculpté en pierre et se termine avec la fonte en bronze d’un cheval et du héros.

Il prit, entre autres, une part prépondérante dans le cadre de la guerre d’indépendance de l’Argentine, contre les tentatives de reconquête militaire entreprises au départ du Pérou par les royalistes espagnols.

Vénéré en Argentine comme un héros national, Güemes a donné son nom à diverses localités, institutions, grandes infrastructures etc.

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À Salta se trouve le Museo de Arqueologia de Alta Montaña (le MAAM). Celui-ci a été mis en place après qu’une expédition d’archéologues montagnards ait découvert au sommet du Volcan Llullaillaco à plus de 6700 mètres d’altitude un cimetière inca.

Ce site archéologique est le plus haut du monde et un des plus fascinants. On y a trouvé une plateforme cérémonielle de 10 mètres sur 6 où étaient creusées dans la roche trois tombes à 1,5 – 2 mètres de profondeur. À l’intérieur de chacune se trouvait un enfant recroquevillé dans un état de conservation parfait, plongé dans un rêve de plus de 500 ans.

Cette adolescente de 15 ans (la Doncella), cette petite fille de 6 ans (la Niña del Rayo) et ce garçon de 7 ans (El Niño) ont tous trois été choisis par l’élite Inca de l’époque pour participer à un rituel considéré par tous comme un très grand honneur. Les sacrifices d’enfants, qui sont plus rares que d’autres dans la culture Inca, revêtaient une symbolique particulière dans le sens où la victime se voyait élever au rang de divinité (et non offerte en cadeau aux Dieux). À leur mort, les enfants rejoignaient leurs ancêtres et les Dieux pour veiller sur l’Empire.
En résumé, l’hypothèse principale des historiens fait le récit de grandes cérémonies se déroulant à Cuzco au Pérou pour célébrer ces enfants choisis parmi les plus beaux des héritiers des plus grandes familles. Une fois la fête terminée, les enfants entamaient un long voyage dans les Andes en compagnie de l’Inca, d’une délégation de nobles et des prêtres du soleil. Arrivés au sommet destiné à être leurs tombeaux, ils étaient revêtus d’une tunique d’apparat, l’unku, trop grande pour eux pour leur permette de continuer à grandir pendant l’éternité puis saoulés à la chicha pour les plonger dans un sommeil sans fin. Une fois les enfants endormis par l’alcool et le froid, on les disposait au fond de leur tombeau, décidant de leur position et disposant aux alentours de nombreuses figurines de bronze (poupées et lamas), et tout un trousseau comportant de très jolies pièces de tissus et d’orfèvrerie.

C’est ainsi que les archéologues les ont retrouvés 500 ans plus tard, naturellement momifiés par congélation.
En effet, le froid (il fait perpétuellement entre -20° et -30° au sommet du volcan), le manque d’oxygène (la pression atmosphérique chute de plus de 50 % là haut) et la sécheresse de l’air ont permis de les conserver intacts. Ce phénomène était sûrement voulu par les Incas, une manière de rendre ces enfants réellement éternels, à jamais au sommet de ces montagnes sacrées reliant le terrestre au divin.

La scénographie du MAAM est très bien réalisée. La première salle explique d’abord comment a été mise en place cette expédition sous la direction de John Reinhard (qui a exhumé 18 momies depuis 1995). On découvre ensuite petit à petit les différents petits objets qui ont été retrouvés, tous d’une grande finesse d’exécution. Les effets de miroirs et la pénombre qui règne dans les salles d’exposition préparent le visiteur à la dernière salle.

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