Mardi 9 décembre 2014.

San Fernando – General Rodriguez / 48 km.

40 minutes de voiture pour rejoindre San Fernando. Heureusement que je sors de la ville, ce ne sont que des bouchons sur les voies de l’autre côté. Dépôt d’un plan de vol, je prépare et charge ma machine. L’huile est au minimum, je pense sincèrement que c’est le moment d’intervenir. Je rajoute 150 ml. Décollage en 05, virage à gauche, je suis autorisé à monter à 1000 pieds.

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Vingt minutes de vol, je vais utiliser mon espagnol aéronautique pour la première fois. C’est succinct.

Foxtrot Kilo Echo, WT9 viniendo de San Fernando, 1000 pies, en acercamiento. Puis : Entrando viento en cola sinistra pista 34. Pour conclure : Final 34. Merci Bernard pour ton bouquin et tes conseils. Je dois encore m’améliorer. Ca ira mieux dans 4 mois lorsque je quitterai l’Amérique latine.

J’ai rendez-vous avec LE représentant Rotax argentin. Il se met immédiatement à la tâche et désolidarise le moteur afin d’avoir accès à l’arrière d’où vient visiblement la fuite. Mario César, un ami de Telmo est également présent pour m’accueillir. Il est pilote, habite à 25 km d’ici mais possède également une maison qui donne sur la piste avec son avion dans le garage. Le rêve !

Après analyse, c’est la bague du vilebrequin (crankshaft oil seal) qui fuit. Il en a heureusement une en stock et peut remonter rapidement. Nous déjeunons ensemble. Il m’explique qu’il doit aller suivre un cours tous les deux ans pour pouvoir acheter les pièces détachées chez Rotax. Pas de cours, pas de pièces détachées ! Il me montre une infiniment petite marque sur le vilebrequin et ne peut pas me garantir à 100 % qu’il n’y aura plus de fuite. Nous verrons ! Il me dit qu’il n’est pas envisageable de changer le vilebrequin pour si peu.

A 19 heures, tout est remonté, essais moteur faits. Je décolle pour un petit vol sous un ciel noir parsemé d’éclairs. Je partirai demain matin pour l’Uruguay (Colonia del Sacramento) en passant par San Fernando pour y faire les formalités de sortie du pays. Nous rejoignons Luján où il possède sa maison principale pour dîner. L’orage éclate alors que nous arrivons devant le restaurant. Des trombes d’eau d’abattent sur nous alors que nous courrons pour rejoindre l’entrée. Nous entrons complètement trempés.

Mario César me ramène ensuite dans sa maison en bord de piste puis retourne chez lui à Luján pour dormir. L’électricité est coupée, pas de wifi. Il est minuit 30 lorsque je me couche.