Vendredi 5 décembre 2014.

Iguaçu – Buenos Aires / 1047 km.

En me réveillant ce matin je réfléchis quelle option choisir parmi les différentes possibilités qui s’offrent à moi.

1) Rester ici jusqu’à mercredi afin qu’on vienne réparer. Perte de temps, compliqué et cher car le mécanicien doit se déplacer. Il est basé à plus de 200 km d’Iguaçu.

2) Je reçois un mail ce matin de mon ami Olivier me disant que je suis attendu à Asunción chez son cousin. Je ne trouve malheureusement pas de Rotax repair center au Paraguay et je préfère d’abord réparer ma fuite avant de continuer à faire du tourisme. J’ai également des amis d’Helmut que je peux visiter au Paraguay. J’y retournerai certainement lorsque mon bébé aura subi son intervention.

3) Buenos Aires (SADF). Un grand aérodrome pour l’aviation d’affaire avec des ultra légers.

Le choix n’est finalement pas très difficile.

Je prépare mes affaires, rejoins l’aéroport et les bureaux du contrôle. On me fait une General Declaration. Je suis un peu en souci et encore traumatisé par mes aventures avec l’administration brésilienne. Je ne crois plus que cela puisse être simple et qu’on me laisse entrer dans un pays sans complication. Je m’attends à tout moment qu’on me dise qu’il y a un problème et que je ne peux pas partir.

Après les gens des douanes je me rends au bureau des plans de vol. Alors que je remplis le mien, une dame entre dans le bureau et me demande si j’ai des passagers. Je me crispe. Je réponds par la négative. Elle me dit qu’il n’y aura pas de taxe à payer pour elle. Ouf ! Vient ensuite l’essence. Alors que je fais les pleins, un homme distingué s’approche de moi. C’est visiblement une personne ayant une bonne situation. Il est très chic et arbore une petite veste sur laquelle est inscrit : ANAC. Mon coeur s’arrête presque de battre. L’ANAC est ici aussi l’instance qui s’occupe de l’aviation générale. Il me salue et me demande dans un anglais parfait si je compte partir. Mon rythme cardiaque augmente brusquement. Je lui réponds que oui. Il me demande dans combien de temps. Mon coeur tape de plus en plus fort dans ma poitrine. Dans environ 30 minutes. Parfait, très bien, je vous souhaite un très bon vol. Et il part. Je ressens soudain la même fatigue que lorsque je viens d’atteindre un sommet de plus de 4000 mètres. Cette discussion de 50 secondes m’a épuisé. Il ne faut pas me faire des coups comme ça à mon grand âge. J’ai vieilli de 10 ans d’un coup. Je paie mon essence avec ma Visa. J’ai 52 $ de taxes à payer mais personne n’a de l’argent pour me rendre sur 100 $ et ils n’acceptent pas les cartes de crédit. On me dit que je payerai à Buenos Aires.

Je demande pour survoler les chutes. Accordé mais à 4000 pieds. Décollage en 13, je dois maintenir mon cap jusqu’à 3000 pieds avant de pouvoir tourner à gauche en direction des chutes sur lesquelles je dois arriver à 4000 pieds. On me le répète 2 fois, pas moyen de tricher. J’ai eu beaucoup de chance en arrivant de pouvoir les survoler comme je l’ai fait. J’ai mis ma GoPro sous l’aile mais je pense que ça ne donnera rien car je suis beaucoup trop haut. Je fais tout de même un aller retour avant de prendre mon cap plein sud et de monter au niveau 85. Ca fait tout drôle de voir qu’il me reste 3h40 jusqu’à destination. Cela change par rapport à mes 2 derniers vols. Après une heure le contrôle me demande de partir sur la droite jusqu’au point Mike Charly Sierra et de monter à 9000 pieds. Arrivé à ce point je devrai suivre les airways comme les vols IFR. On me précise que je dois rester du côté argentin de la frontière que je longe. Bien compris.

Je survole le rio Uruguay. Il s’étend sur plusieurs centaines de kilomètres.

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Tout est très vert.

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J’ai un sympathique petit vent de dos qui me donne une vitesse de croisière de 280 km/h.

Il termine sa course dans l’océan.

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J’arrive en vent arrière main gauche pour la 05.

4h10 de vol.

Je me renseigne pour savoir qui pourrait d’occuper de mon problème de fuite. Il n’y malheureusement pas d’ULM sur cet aéroport. Ils se trouvent à 20 minutes de vol sur un petit terrain en herbe. On me met en contact avec le responsable mécanicien. Je saurai demain comment on s’organise pour la réparation. Je rejoins mon hôtel au centre ville.

Ce que j’ai filmé n’a rien donné. J’étais beaucoup trop haut. Désolé !

PS : la rivière en image à la une avait vraiment cette couleur incroyable.