Samedi 22 novembre 2014.

El Berriel – Sal / 1443 km.

J’ai dormi 5 heures. Il fait beau. J’arrive à l’aéroport à 8 h10. Je suis rejoint par Afranio, Daniel, Damian et Eric (mes sauveurs). Je prépare ma machine.

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Je suggère à Afriano et à Daniel de m’accompagner en vol quelques kilomètres. Ils acceptent avec joie. Damian et Eric montent chacun dans un des 2 Tecnams, nous mettons en route, décollons en 07 par vent nul et montons à 500 pieds. Nous nous prenons mutuellement en photo puis nous nous disons « au revoir ».

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Je les remercie tous très chaleureusement puis les abandonne un peu mélancolique. Je passe sur la fréquence de Canaries approche, m’annonce et demande à monter au niveau 105. Le vent y souffle à 70 km/h plein travers droite (du 305 alors que j’ai un cap au 220). J’ai une vitesse de croisière entre 140 et 150 noeuds (260 et 280 km/h). Il passe un moment au 330 me faisant passer la barre des 300 km/h. La météo l’avait annoncé. Cela devrait souffler moins fort dès la moitié du trajet. Mon bébé ronronne, tous les compteurs sont dans le vert. La vie est belle.

Je pense à ces nouveaux amis que je viens de quitter. Quelle belle solidarité ! Quelle gentillesse !  J’espère vivement les revoir.

Je perds rapidement le contact radio. Tant mieux. J’aime le silence et la tranquillité.

Quelques nuages qui montent à 9’500 pieds. Je vide d’abord mon réservoir de droite. Après un peu plus d’une heure de vol j’essaie de transférer 20 litres. Ca bouillonne dans le filtre transparent mais le niveau d’essence n’augmente pas sur la jauge. Je ne comprends pas. Je ressaie un peu plus tard. Idem. Je ne comprends toujours pas vu que je l’avais testé en rentrant de l’usine il y a 2 mois et que tout fonctionnait parfaitement. Le réservoir est gonflé comme une baudruche à cause de l’altitude. Serait-ce ça ? Heureusement que je fais ce test maintenant !! Je contrôlerai une fois au sol.

A chaque fois que ma machine a subi une réparation moteur ou hélice (les Marquises) il me faut un petit moment pour retrouver confiance et sérénité. C’est à nouveau le cas. En début de vol je tends l’oreille et ne quitte pas des yeux mes instruments. Puis je me détends et je me détends tellement que je m’endors. J’ai ainsi fait quelques petits sommes réparateurs. J’en ai également profité pour commencer la rédaction de cet article et écrire quelques mails.

A 2 heures de ma destination le vent revient du 305. Ma vitesse diminue. Il me reste 1h10 de vol lorsque je commence ma descente à 150 pieds / minute. A 100 nautiques je ne parviens toujours pas à contacter Sal approche. J’entends que l’on m’appelle. C’est un avion qui fait le relais. On me transmet un nouveau code transpondeur. Ce n’est que lorsque je suis à 60 nautiques que je parviens à les joindre.

L’île est relativement petite (moins de 30 km de longueur).

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Le temps est un peu couvert sur le sud.

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Le Monte Grande, le point culminant, ne fait que 406 mètres d’altitude.

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Espargos est la ville principale. Elle compte 5 758 habitants.

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La côte est très sauvage et le tourisme encore peu développé.

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Je fais une vent arrière main droite pour la 01. Une dernière photo. Les volets sont déjà sortis.

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5h20 de vol.

La mauvaise nouvelle : j’ai encore perdu un petit peu d’huile. Je ne sais pas d’où précisément mais c’était minime. Je regarderai mieux en repartant lundi.

La bonne : l’essence a bien été transférée, je ne pouvais pas m’en rendre compte en l’air tellement mon réservoir était tendu mais une fois au sol, il restait une petite moitié. Toutefois ma jauge n’enregistre pas l’apport d’essence. C’est étonnant ?!

Pas de voiture de location disponible ici. Je prends un taxi pour me rendre à l’hôtel.

Je regarde mes mails et lis que le tracking n’a pas fonctionné. Je ne comprends pas pourquoi. Je suis désolé. Pour me faire pardonner, je vous poste cet article encore aujourd’hui.

J’ai transpiré pour le faire. 40 € pour 48 heures de wifi qui n’avance pas !!

Demain repos. Je repartirai lundi pour Praia.