Samedi 8 novembre 2014.

Tenerife – Fuerteventura / 243 km.

Mauvaise journée.

1°) Mon ami Christophe m’abandonne. Le vol du 11, Tenerife – Paris, est complet. Il n’a pas d’autres choix que de partir aujourd’hui car il doit impérativement être à Oman le 14. Je commençais à m’habituer à lui. C’était finalement très sympa d’être à deux. Je comprends les Spirit Boys qui font tous leurs voyages ensemble. C’est chouette de pouvoir partager, échanger avec quelqu’un. Seul on est libre, on n’a aucune contrainte mais il manque quelque chose, quelqu’un. Christophe me dépose à l’aéroport puis rejoint le sud de l’île pour prendre son vol depuis Tenerife sud. Nous étions tous les deux tristes de nous séparer. Il fut un co-pilote exceptionnel.

2°) Pour ce vol, j’avais fixé ma GoPro et fait de chouettes prises de vue avec des passages très bas sur des falaises puis sur des plages. Malheureusement je n’avais pas assez serré le système de fixation qui a bougé à cause de la vitesse et ne filmait que le sol. Je suis dégoûté mais heureux quand même de n’avoir pas en plus perdu ma caméra. Lundi je repars d’ici et je me vengerai, croyez-moi !

Cela fait une semaine aujourd’hui que je suis parti. Je suis à 100 % dans mon trip. J’ai déjà pris le rythme, c’est devenu ma vie pour les 20 prochains mois. Je n’en imagine pas d’autre. J’adore cette existence de nomade. Je vis au jour le jour, en parfaite symbiose avec moi-même, je ne pense pas à ce qui m’attend, je m’occupe de l’organisation du voyage mais je ne me visualise pas à plus de 2 – 3 jours.

Comme c’est le week-end la plupart des compagnies de handling sont fermées et je dois attendre longtemps que quelqu’un veuille bien s’occuper de moi. 35 € de taxes. De l’Avgas est disponible mais on m’a dit qu’il ne serait pas possible de rentrer dans l’aéroport avec des bidons d’essence.
Décollage en 30, virage à droite, je dois rejoindre le point écho avant de pouvoir prendre mon cap. Le plafond est bas, je monte à 3500 pieds. Je demande ensuite le niveau 45 (4500 pieds) car je souhaite passer au-dessus des nuages.
A l’approche de Fuerteventura j’appelle le contrôle pour pouvoir longer la côte nord puis revenir vers l’aéroport. Accordé en-dessous de 1000 pieds.

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Je rejoins la minuscule île de Lobos.

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Lanzarote est tout proche, à 12 km.

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Atterrissage en 01. Le follow me car m’amène sur un parking situé à plus d’un kilomètre de l’aérogare puis disparaît. Je reste seul, sors mes affaires et attends. Dix minutes plus tard, ne voyant personne venir, j’appelle la tour avec ma radio portable et leur demande d’avoir la gentillesse d’envoyer quelqu’un me chercher. Six minutes plus tard, un mini van arrive, je charge mes affaires à l’arrière puis suis rejoint par la conductrice, une femme d’un âge avancé. Elle me demande si je connais les conditions. Je réponds par la négative. Elle m’annonce que le prix est de 125 € jusqu’au terminal pour l’aller retour. Je lui demande si c’est une plaisanterie. Elle me regarde de haut et doit penser qu’avec un si petit avion il est normal que je trouve ça cher. Elle saisit mes affaires et les jette presque en dehors de son van me regardant d’un air dédaigneux. Je ne dis rien. J’ai décidé lors de mes 50 ans de ne plus m’énerver. J’y parviens une fois de plus. Je suis très fier de moi. Je prends calmement mes affaires et me mets en route. Dix minutes plus tard je rejoins un troupeau d’allemands qui débarque d’un vol Air Berlin.
Je loue une voiture et me rends à mon hôtel. Demain est un autre jour !