Lundi 3 novembre 2014.

Tojeira – Madère / 955 km.

La météo annonce un temps nuageux et même pluvieux pour aujourd’hui et demain mardi avec surtout beaucoup de vent à destination dans 24 heures. Or l’atterrissage à Funchal est délicat lorsque ça souffle. Mon ami Ricardo connait bien car il allait souvent se poser là-bas avec ses Airbus. Pourtant il fait beau lorsque le jour se lève. Avec Christophe, nous avions décidé de passer la journée tranquille et de visiter les environs. Nous ramenons la voiture de location à Paul et appelons Ricardo. Nous parlons des conditions et lui demandons s’il serait envisageable de partir aujourd’hui. Il me dit qu’il doit vérifier avec le propriétaire du terrain et s’organiser pour l’essence. Quatre minutes plus tard, il m’informe qu’il n’y a pas de problème, qu’on m’amènera 100 litres de 98 et que je pourrai partir. J’ai rarement rencontré des personnes aussi gentilles et serviables qu’ici. Quels gens merveilleux !

Paul nous ramène à notre hôtel, nous refermons rapidement nos valises et partons pour Tojeira. Je prépare ma machine, vide l’essence que Casinhas est très gentiment allé me chercher à la station service. A big thank you Casinhas.

Chaque recoin de mon bébé est occupé. Il y a en a partout. Heureusement qu’Antonio va s’occuper de me faire envoyer une bonne partie de mes affaires aux Canaries où Christophe me quittera pour repartir sur Oman. Merci infiniment Antonio.

Je suis triste de partir. Je serre mon ami Ricardo dans mes bras et dis merci à chacun. J’ai passé un séjour merveilleux auprès de vous tous et je vous en remercie du fond du coeur. Je reviendrai, c’est promis.

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Entre temps les conditions ont changé, le ciel s’est couvert et nous mettons en marche alors que la pluie commence à tomber. Pas du tout à mon affaire et trop occupé à dire au revoir à mes amis, je me prépare à mettre les gaz sans mettre un cran de volets. Heureusement que Christophe me signale la chose. La piste fait 300 mètres et nous sommes très lourdement chargés. Les roues quittent le sol tout au bout de la piste alors que l’avertisseur de décrochage nous crie dans les oreilles. C’était limite ! Virage à gauche, je dis une dernière fois au revoir à mes amis avant de me mettre sur la fréquence de Sintra et de demander l’activation de mon plan de vol que Ricardo a encore eu la gentillesse de déposer par téléphone. Nous longeons la côte sous un ciel chargé puis prenons le large et notre cap vers Madère.

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Je remercie Christophe pour sa confiance et son courage. Les pilotes de ligne n’aiment pas voler sur l’eau avec un mono-moteur. Nous montons à 10’000 pieds où nous sommes juste dans les nuages. Le vent souffle à 80 km/h travers face. Je demande à Lisboa contrôle de redescendre au niveau 80 où il est un tout petit peu moins fort et où la visibilité est meilleure. Une heure plus tard le soleil fait son apparition et le vent commence à tourner pour finir par passer travers arrière et nous faire avancer à plus de 260 km/h.

Christophe veut tout savoir, tout connaître. Il me pose 1000 questions. C’est évidemment très sympa de voler à deux. Il m’autorise même à faire une petite sieste. Je m’endors comme un bébé, en toute tranquillité. Je me réveille 20 minutes plus tard en pleine forme.

C’est magnifique de voler au-dessus de ce ciel partiellement couvert de très jolis petits nuages avec la mer qui scintille en dessous.

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Nous survolons l’île de Porto Santo et ses falaises abruptes qui tombent dans la mer. Elle fait partie de l’archipel de Madère.

C’est la 05 qui est en service. Nous commençons notre vent arrière. L’île est à notre droite. Le point culminant de l’île est à 1861 mètres. La montagne descend vers la mer. Alors que j’ai plus de 300 mètres jusqu’au relief, Christophe me dit que je devrais partir un peu sur la gauche afin de pouvoir faire mon virage. J’éclate presque de rire. Il est encore aux commandes de son jet !  J’ai à peine besoin d’incliner ma machine tellement j’ai de la place pour faire mon virage de 180° et tourner en finale. C’est drôle les habitudes et les paramètres que l’on enregistre inconsciemment. On tourne presque sur place avec mon bébé ! On voit d’ailleurs très bien mon dernier virage sur le tracking en agrandissant l’image. Atterrissage en douceur. 4 heures de vol.

Nous louons une voiture et rejoignons Funchal, la capitale, distante de 25 minutes. Notre hôtel surplombe la ville et nous pouvons admirer un splendide coucher de soleil.

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Nous n’avons rien avalé depuis le matin. Christophe a mal à la tête et ne se sent pas très bien. Nous dînons à l’hôtel. Il engloutit trois petits pains en 2 minutes et retrouve le sourire.

A 21 heures nous sommes dans nos chambres où nous nous écroulons sur nos lits.